Archives

    À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée chaque 3 mai, les journalistes de Bunia se sont réunis samedi 9 mai 2026 dans la salle de Musco autour du thème : « Façonner un avenir en paix ». Organisée dans un esprit d’échanges et de réflexion, cette rencontre a rassemblé près d’une cinquantaine de professionnels des médias venus de différentes rédactions de Bunia.

    Durant plusieurs heures, les participants ont débattu des défis du métier de journaliste dans un contexte sécuritaire fragile, mais aussi du rôle que peuvent jouer les médias dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

    Ouvrant les activités au nom de la présidente empêchée de l’UNPC, Sylvie Benitha a salué le travail accompli quotidiennement par les journalistes malgré les difficultés du terrain. Elle a rappelé que le métier de journaliste exige responsabilité, rigueur et professionnalisme, avant de remercier les intervenants ainsi que les participants pour leur engagement en faveur d’une presse constructive.

    Le premier module, animé par Christian Opi Vangazi, a porté sur le thème : « Le journalisme façonne la paix dans un contexte fragile en Ituri ». Dans son exposé, il a évoqué les réalités auxquelles les journalistes sont confrontés dans une province marquée par les violences et les tensions communautaires.

    Selon lui, le journaliste ne peut rester silencieux face aux souffrances de la population. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir un journalisme de paix, capable de contribuer à la transformation non violente des conflits.

    « Reporter, c’est choisir », a-t-il déclaré devant les participants, rappelant que le journaliste joue un rôle déterminant dans la manière de traiter et de présenter les faits à l’opinion publique.

    L’intervenant a particulièrement insisté sur l’importance de diffuser une information fiable, équilibrée et vérifiée. Il a mis en garde contre les dangers des contenus relayés sans vérification préalable, notamment sur les réseaux sociaux.

    Au-delà du devoir d’informer, il a souligné que les médias doivent aussi prévenir les tensions, encourager le dialogue intercommunautaire, déconstruire les discours de haine, valoriser les initiatives de paix et soutenir les mécanismes de justice et de redevabilité.

    Christian Opi Vangazi a également dressé un tableau des difficultés auxquelles les journalistes font face en Ituri, notamment l’insécurité, les pressions politiques et communautaires ainsi que l’insuffisance de formations professionnelles adaptées au contexte actuel.

    Parmi les recommandations formulées au cours des échanges figurent le renforcement des capacités des journalistes, la maîtrise des outils numériques et de certaines intelligences artificielles, la promotion de l’éthique professionnelle, le soutien aux médias locaux ainsi que le développement du réseautage entre organisations de presse.

    Le second module, présenté par le journaliste Jean Claude Loki, s’est penché sur « L’éthique et la déontologie professionnelle du journaliste ».

    Dans son intervention, il a rappelé que l’éthique représente l’ensemble des valeurs morales guidant le journaliste dans l’exercice de sa profession, tandis que la déontologie renvoie aux règles et principes qui encadrent le métier.

    Pour lui, le journaliste a une responsabilité sociale importante dans la société. Il doit contribuer au changement positif, lutter contre les discours de haine et combattre la désinformation sans se laisser influencer par des intérêts partisans.

    Loki a également insisté sur plusieurs principes fondamentaux du métier, notamment le respect de la vie privée, l’interdiction du plagiat et la nécessité de faire preuve de patience et de rigueur dans les enquêtes journalistiques.

    Revenant sur les différents messages développés par les intervenants, Sylvie Benitha a insisté sur l’importance d’une presse responsable, consciente de son rôle dans la société et attachée au professionnalisme.

    Les échanges se sont poursuivis par une séance de questions-réponses au cours de laquelle plusieurs préoccupations ont été soulevées par les participants. Les débats ont notamment porté sur la liberté de la presse sous état de siège, l’accès aux sources d’information, la responsabilité des journalistes ainsi que les réalités du terrain en Ituri.

    À la question de savoir si la presse joue réellement son rôle de quatrième pouvoir dans le contexte actuel, les responsables de l’UNPC ont rappelé que leur mission consiste notamment à défendre la liberté de la presse tout en encourageant l’autorégulation et le professionnalisme au sein de la corporation.

    Les participants ont aussi échangé autour de la gestion des erreurs journalistiques, du droit de réponse et des défis liés aux conditions sociales des professionnels des médias dans la province.

    À l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées, parmi lesquelles la poursuite des formations, le renforcement de l’encadrement des jeunes journalistes, l’organisation de dialogues réguliers avec les autorités provinciales ainsi que le repositionnement de l’UNPC en Ituri.

    Les participants ont également plaidé pour davantage de soutien en faveur des journalistes déplacés venus notamment de Goma, Bukavu et Komanda, tout en appelant à une meilleure organisation des professionnels des médias sur le terrain.

    La communication finale assurée par Sylvie Benitha est revenue notamment sur la définition du journaliste ainsi que sur les conditions d’acquisition de la carte de presse.

    Verite Johnson

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!