La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a apporté un appui technique, logistique et financier à une série d’audiences foraines organisées par le Tribunal militaire de garnison de Bunia afin de lutter contre la détention préventive prolongée et de réduire la surpopulation de la prison centrale de Bunia, dans un contexte marqué par l’épidémie de maladie à virus Ebola.
Organisées du 22 juin au 14 juillet 2026, ces audiences ont permis d’examiner la situation de 115 prévenus encore placés en détention préventive. À leur issue, 105 décisions judiciaires ont été rendues.
Construite pour accueillir 520 détenus, la prison centrale de Bunia hébergeait 2 231 personnes au moment du lancement de cette opération, selon la MONUSCO. Parmi elles, moins de 700 avaient été condamnées, tandis qu’environ 80 % étaient toujours en détention préventive, parfois depuis plusieurs années sans jugement.
Cette surpopulation constitue un défi majeur, tant pour le respect des droits des détenus que pour la prévention des maladies transmissibles, notamment Ebola, dans un établissement où les conditions de promiscuité compliquent l’application des mesures sanitaires.
Pour accélérer le traitement des dossiers, trois chambres du Tribunal militaire de garnison de Bunia ont siégé quotidiennement pendant seize jours.
La Section d’appui à la justice (JSS) de la MONUSCO a pris en charge les aspects logistiques et financiers liés à la participation des magistrats, des assesseurs issus des FARDC et de la Police nationale congolaise (PNC), des avocats, des défenseurs judiciaires ainsi que du personnel pénitentiaire mobilisé durant cette opération.
En raison des mesures de prévention contre Ebola, les audiences n’ont pas été organisées à la prison centrale, comme initialement prévu, mais au siège du Tribunal militaire de garnison de Bunia.
Les affaires examinées concernaient notamment des faits de vol, de violences sexuelles, d’homicide et de participation présumée à des mouvements insurrectionnels. Certains prévenus attendaient leur procès depuis 2018.
Pour le lieutenant-colonel magistrat José Ndemba, président du Tribunal militaire de garnison de Bunia, cette initiative répond à un impératif judiciaire.
« L’objectif est de désengorger les lieux de détention et de permettre aux personnes qui y sont détenues de connaître enfin leur sort. Cela contribue également à réduire la détention préventive prolongée. »
Parmi les dossiers traités figure celui d’un homme resté trois ans et demi en détention préventive avant d’être finalement acquitté faute de preuves suffisantes.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette initiative illustre le lien entre justice et santé publique dans un contexte d’épidémie. En réduisant la surpopulation carcérale, les autorités espèrent améliorer les conditions de détention et limiter les risques de propagation d’Ebola dans l’établissement pénitentiaire.
Cette opération s’inscrit dans la continuité des actions menées par la MONUSCO pour renforcer l’accès à la justice en Ituri, notamment à travers l’organisation d’audiences foraines destinées à lutter contre les détentions préventives prolongées, rapprocher la justice des populations et soutenir les efforts de consolidation de l’État de droit.
Avec PIO Monusco Bunia

