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    Dans un document datant du 1er octobre dernier et adressé au procureur général près la cour d’appel de l’Ituri, le gouverneur Jean Bamanisa demande l’ouverture d’une information judiciaire contre Maître Christian Utheki, prétendu président des communautés victimes des atrocités de Djugu.

    L’autorité provinciale reproche à ce dernier plusieurs imputations dommageables contenues dans un document remis à la délégation de la commission défense et sécurité de l’assemblée nationale ayant séjourné à Bunia il y a quelques jours.

    Dans cette note qui se veut « explicative » de la situation sécuritaire en Ituri, l’inculpé affirme que Jean Bamanisa est « complice » du génocide qui se déroule en territoire de Djugu et ailleurs dans cette province, qu’il participe au financement de la milice CODECO, qu’il a même « recruté, équipé en armes, munitions et argent une faction de CODECO ayant assassiné leur leader Ngudjolo en février dernier ».

    « Ce recrutement fait par Jean Saïdi Bamanisa a fait asseoir CODECO militairement et stratégiquement » affirme M. Utheki dans son document consulté par buniaactualite.com

    Le gouverneur Bamanisa relève plusieurs autres accusations qu’ils considère comme « gravissimes » dans cette correspondance de Christian Utheki, notamment le fait qu’il aurait recruté parmi ses conseillers principaux, des personnalités comme Ngabu Kpari et Madame Elisabeth Buve, ayant des accointances avec CODECO, ou alors l’utilisation du Vice-gouverneur Martin Shalo Dudu pour un rapprochement politique avec les Lendu et de surcroît avec CODECO, ou encore que la naissance de la milice d’autodéfense souvent attribuée aux Hema serait l’œuvre de Bamanisa.

    Dans sa plainte, le gouverneur exige des preuves de toutes ces allégations.

    « Monsieur le procureur, ces affirmations sont d’une gravité telle que nous n’entendons pas les laisser passer sous silence » conclu le gouverneur Bamanisa.

    Déjà ce mercredi 07 octobre, le même inculpé M. Utheki a été convoqué à l’auditorat militaire de Bunia où il a été entendu avant d’être relâché.

    La Rédaction

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