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    Dans le secteur des Walendu Tatsi, à une dizaine de kilomètres au sud de Bunia, l’Institut Buyi Sabuni de Katoni a servi de cadre, le mardi, à une importante séance de sensibilisation consacrée aux violences numériques faites aux femmes et aux jeunes filles.

    Cette initiative portée par l’ONG FADEM s’inscrit dans la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une mobilisation mondiale visant à renforcer la protection et la prise de conscience autour des violences faites aux femmes.

    Réunissant 50 élèves filles, la rencontre a permis d’aborder la montée des violences facilitées par l’usage des outils numériques : cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images, usurpation d’identité, menaces et intimidations en ligne.

    Les organisateurs ont voulu rappeler que ces formes de violence, souvent banalisées, ont des conséquences graves sur la scolarité, la santé mentale et la sécurité des jeunes filles.

    La chargée du genre de l’ONG FADEM, Madame Bellange Adraru, qui a conduit la séance, a détaillé les objectifs de cette action. « L’objectif était de sensibiliser les femmes et les jeunes filles sur les violences basées sur le genre, surtout les violences numériques », a-t-elle mentionné.

    Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité et la vigilance au sein des communautés. « Le message, c’est d’être unies pour mettre fin à ces violences. Les jeunes filles doivent connaître leurs droits ».

    Mme Adraru a également appelé à un relais du message au-delà des murs de l’école. « Que cette sensibilisation parvienne à toutes les couches de la communauté », a-t-elle insisté.

    La présence de la direction de l’établissement a témoigné de l’importance accordée à la question. Le préfet de l’école, Monsieur Mateso, a exprimé sa satisfaction face à cette initiative jugée essentielle pour la protection et l’épanouissement des élèves. « Nous sommes remplis de joie. Les filles sont importantes dans la communauté », a-t-il confié.

    Il a lancé un appel à la prise de parole, estimant que la dénonciation constitue un élément clé de la lutte contre les violences. « Les filles doivent avoir le courage de dénoncer les abus », a lancé l’autorité scolaire.

    Pour les participantes, cette activité a été une découverte et un véritable renforcement de capacités. L’une des élèves, visiblement marquée par la séance, a témoigné. « Je remercie FADEM parce qu’avant, je ne connaissais pas les droits des femmes », a-t-elle indiqué.

    La jeune élève affirme que cette formation a transformé sa vision de l’égalité et de la protection en ligne. « Aujourd’hui, je sais que filles et garçons sont égaux », a-t-elle dit, avant de promettre : « En cas de violences numériques, je dois en parler à mes parents. »

    Les violences numériques touchent de plus en plus de jeunes, en particulier les adolescentes, souvent sans défense face à la vitesse et à la brutalité des attaques en ligne. Dans les zones rurales comme Katoni, où l’accès à l’éducation numérique reste limité, les risques sont accentués par le manque d’information.

    Pour FADEM, ces actions de proximité sont essentielles. L’ONG prévoit d’étendre ces sensibilisations à d’autres écoles et communautés du territoire d’Irumu, afin de renforcer la capacité d’auto-protection des jeunes filles et promouvoir une culture de signalement.

    Convaincues de l’importance de cette formation, les participantes ont promis de relayer les informations au sein de leurs familles et de leurs quartiers, contribuant ainsi à élargir l’impact de la campagne.

    Alors que se poursuivent les 16 jours d’activisme, l’ONG FADEM appelle les acteurs éducatifs, les autorités locales et les parents à multiplier les actions de prévention.

    Rédaction

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