Dans un communiqué publié à Kinshasa le mercredi 24 Mars 2026, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN), indique avoir mené une enquête auprès de 1 141 personnes vivant sur la rive congolaise du lac Albert et de la rivière Semliki révèle.
Selon le résultat de cette enquête à en croire notre source, une majorité des communautés locales s’oppose aux activités pétrolières menées par l’Ouganda à proximité de la frontière.
Par ailleurs, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) précise également que cette enquête montre que 60% des populations interrogées expriment des craintes majeurs liés à la pollution, la destruction des écosystèmes et l’effondrement de leurs moyens de subsistance qui dépendent de la pêche et des ressources naturelles.
Selon la même source, les projets d’exploitation des hydrocarbures menés par l’Ouganda notamment Tilenga, Kingfisher et l’oléoduc EACOP, se développent à proximité immédiate du territoire congolais, sans qu’aucune consultation transfrontalière formelle ni évaluation environnementale conjointe n’ait été mené à ce jour.
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Et pourtant, la République Démocratique du Congo se positionne comme « pays solution » dans la lutte contre le changement climatique, ces activités pétrolières menées unilatéralement exposent la partie congolaise à des impacts environnementaux, sanitaires et économiques majeurs et imminents, peut-on lire dans ce document dont buniaactualité.cd détient une copie.
Selon Dieudonné Kasonia, le Secrétaire permanent du CdC/RN, “Plus de 50 000 pêcheurs dépendent directement des ressources halieutiques du lac Albert. De plus,
ces eaux sont interconnectées avec le bassin du Nil, le lac Edouard et toute cette zone forme une ceinture écologique vitale autour du parc national des Virunga.
Il ajoute que la rivière Semliki quant à elle constitue l’une des sources principales du Nil blanc, necessaire pour éviter que les Soudans, l’Egypte, l’Ethiopie, la Somalie se transforment en desert …
Au-delà des impacts locaux, le CdC/RN rappelle que ces activités et l’absence de Concertation exposent la RDC à des violations du droit international, et notamment du principe de prévention, de la convention d’Espoo et de la Charte de la Communauté
d’Afrique de l’Est.
La population riveraine, comme le démontre cette enquête, affirme clairement son opposition formelle à toute activité pétrolière menée sans garanties pour leurs droits et l’environnement. Une action en justice a d’ailleurs été introduite devant la Cour de Justice de l’Afrique de l’Est (EACJ) par des membres des communautés locales affectées, conclus Dieudonné Kasonia avant d’explique :
« Le gouvernement congolais ne peut rester passif face à des projets qui affectent directement son territoire et ses populations. Il est urgent d’agir pour protéger les droits des communautés et l’intégrité de nos écosystèmes. Le CdC/RN appelle ainsi les autorités à accompagner la procédure judiciaire en cours par une action diplomatique et étatique d’envergure, afin de protéger efficacement les communautés
congolaises et leur patrimoine naturel commun.»
Face à cela, le CdC/RN demandes aux autorités congolaises et au gouvernement et à mettre en œuvre les mesures suivantes :
– La réalisation d’un état des lieux environnemental et halieutique sur la rive congolaises du lac Alert et de la rivière Semliki ;
– L’exigence d’une évaluation environnement stratégique transfrontalière avec l’Ouganda ;
– L’inclusion effective des communautés locales dans les processus décisionnels ;
– La création d’un comité de concertation multi-acteurs et permanent entre la RDC et l’Ouganda ;
– La mise en place d’un système de surveillance environnementale indépendant ;
– La création d’un fonds d’indemnisation pour les pêcheurs congolais et les autres communautés locales congolaise affectées ;
– L’inscription de cette question dans les instances bilatérales, régionales (EAC, CIRGL, UA).
Il est à noter que le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) est une plateforme regroupant des organisations de la société civile, des représentants des communautés locales, des pêcheurs, des femmes et des Jeunes en Ituri et accompagné dans cette action par la Coalition Notre Terre Sans Pétrole est portée par des organisations congolaises et soutenue par des ONG africaines et internationales engagées contre le développement de nouveaux projets pétroliers et gaziers.
Daniel Alithum

