Archives

    Les violences sont reparties à la hausse en septembre 2021, après leur baisse
    notable le mois précédent, c’est le constat fait dans son dernier rapport par le baromètre sécuritaire du Kivu KST, un projet mené conjointement par le groupe d’études sur le Congo GEC de l’université de New York et Human Rights Watch.

    Selon les chiffres de cette organisation américaine, au moins 117 civils ont été tués en septembre dans les territoires de Beni et Irumu, où opèrent les ADF, le plus meurtrier des groupes armés de l’est de la RDC. Ceci est en augmentation par rapport au mois d’août (105 civils tués).

    Le territoire d’Irumu est le théâtre de l’essentiel de cette augmentation, indique le rapport, qui cite la mort de 75 civils enregistrée, ce qui est inédit depuis le début des relevés du KST en Ituri, en avril 2021.

    Selon ce rapport parvenu à buniaactualite.com, l’Ituri a été la province la plus touchée par
    ces violences, qui engendrent d’importants
    déplacements de populations.

    Dans le territoire d’Irumu, le nombre de civils tués a atteint un record depuis avril, le massacre de
    Makutano (30 civils tués le 3 septembre), perpétré par les Forces démocratiques alliées (ADF), est notamment le plus sanglant depuis ceux de Boga et Tchabi dans la nuit du 30 au
    31 mai 2021.

    KST note en outre que le centre de négoce de Komanda, carrefour commercial important, a pour sa part été touché par une incursion des ADF pour la première fois.

    En territoire de Djugu par ailleurs, KST constate que les Forces Armées de RDC (FARDC) ont amplifié leur logique de répression indiscriminée contre
    les milices de la Coopérative pour le développement économique au Congo (CODECO).

    “ Les données de ce mois de septembre permettent en outre de compléter le bilan du troisième trimestre 2021 (juillet, août et septembre). La comparaison avec le trimestre précédent ne permet pas de conclure à une efficacité de l’état de siège, instauré le 6 mai, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ” écrit le rapport qui indique que le nombre de civils tués y est resté élevé.

    En septembre, poursuit le document, les FARDC ont poursuivi et intensifié leur offensive contre les miliciens de CODECO sur l’axe Nizi-Mungwalu.

    Au total, seize affrontements ont été enregistrés – un record depuis que le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) a commencé à suivre la province de l’Ituri, en avril.

    Au cours de cette offensive, le chef milicien Jean-Pierre Mbidjo Likpa a été tué avec 36 de ses combattants. Il était le chef de la faction Bon temple de Dieu (Codeco-BTD) depuis la
    mort de son prédécesseur, Thuwo, le 10 mai.

    Selon une source au sein du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (Ocha), ces affrontements auraient
    provoqué le déplacement de 2.000 personnes supplémentaires.

    Plusieurs sources militaires congolaises interrogées par le KST ont affirmé qu’elles ne parvenaient pas à différencier les miliciens CODECO des civils de la communauté Lendu, dont
    ils sont majoritairement issus.

    “ Dans ce contexte, les offensives militaires comportent un risque élevé de provoquer des victimes civiles. De fait, quatre victimes civiles des FARDC ont ainsi été enregistrées, dont l’une lors d’un bombardement aérien à Tchudja le 8 septembre. Au total, 34 civils ont été tués au mois de septembre à Bunia et Djugu, en augmentation par rapport à août (29 civils tués) ” affirment les enquêteurs de KST.

    Comme déjà noté au mois d’août, les différents groupes CODECO ont opéré en coalition. Les
    Forces patriotiques et intégrationnistes du Congo FPIC connus aussi sous le nom de Chini ya Kilima, originaires du territoire voisin d’Irumu, s’y sont aussi jointes, notamment lors d’attaques contre des positions FARDC à Gbado le 16 septembre et à Bambu le 17.

    Suite à l’offensive des FARDC, des déplacements de groupes CODECO ont été rapportés, certains regagnant leurs zones d’origine pour reconstituer leurs forces.

    “ La présence du chef
    de l’Union des révolutionnaires pour la défense du Peuple Congolais (Codeco-URDPC) Sengedu a ainsi été rapportée à Gotsokpa, près de Saliboko, dans le groupement de Luvangire (Sud du territoire de Djugu) ” affirme la même source.

    Un contingent de la Garde républicaine estimé à 1.200 hommes est par ailleurs arrivé à Bunia le 10 septembre dans le but de renforcer les FARDC dans la province.

    La Rédaction

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!