Dans une province meurtrie par des décennies de violences, la musique s’élève comme un souffle d’espérance. Des artistes gospel basés en Ituri ou originaires de cette région ont décidé d’unir leurs voix pour porter un message fort : la paix.
Ensemble, ils ont enregistré une chanson intitulée « Amani », dédiée à la paix et à l’unité. Sa sortie est prévue pour le 19 décembre, sous la production de la Fondation Jonathan Budju.
Le projet rassemble plusieurs figures de la scène gospel locale et de la diaspora, notamment Rachel Masika Mali, Esther Budju, Miriam Hunter, Alain Ngassa, Robert Hunter, Bonheur Kisembo, Nana Miriam, Jonathan Budju, Lisette Imara, Enock Bahwere et Salem Belo. Une union artistique portée par une même conviction : la musique peut contribuer à la guérison des cœurs et au rapprochement des communautés.
Pour Nana Miriam, l’une des artistes invitées, il s’agit avant tout d’« un grand projet ». « C’est une manière de demander la paix, de prier pour la paix et de sensibiliser pour la paix », explique-t-elle tout s’appuyant sur les versets bibliques comme 1 Thessaloniciens 5:17 ou encore Jean 14:27 « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer».
À travers cette chanson, les artistes veulent transmettre un message d’espoir, de solidarité et de dialogue entre les cultures. Ils croient que la musique, bien au-delà des notes et des mélodies, possède une force capable de toucher les consciences.
« C’est un cri de douleur que nous avons voulu transmettre », confie Lisette Imara lors d’un échange avec la presse, ce mercredi, à quelques jours de la sortie officielle. Un cri qui résonne avec la réalité de l’Ituri, une province toujours en quête de paix, marquée par les conflits armés, les déplacements de populations et les fractures sociales profondes.
Dans ce contexte, quel rôle peut jouer la musique gospel dans la construction d’une paix durable ? Salem Belo répond sans détour : « Par notre voix, nous pouvons contribuer au retour de la paix. La musique n’est pas seulement une mélodie ou un rythme, c’est une âme. Elle influence positivement. »
La situation humanitaire demeure préoccupante. De nombreux enfants vivent aujourd’hui dans la rue, certains ayant perdu leurs parents, d’autres n’ayant jamais été réinsérés. Face à cette réalité alarmante, les artistes n’ont que leur voix pour alerter et sensibiliser.
Rachel Masika Mali, artiste engagée pour la paix et mère de famille, explique sa motivation avec émotion. « Je ne veux pas que mes enfants finissent dans la rue. Voilà pourquoi cela valait la peine de participer à cette chanson. Pour une bonne cause, on ne se fatigue pas. On ne se fatigue pas de passer le message de paix. »
Au-delà de l’appel au retour de la paix, « Amani » insiste sur l’unité, la cohésion sociale et l’amour entre les communautés. « Nous devons nous unir. Vivons le dialogue, l’unité et la tolérance », a déclaré Jonathan Budju depuis le Canada, joint par téléphone.
Ce projet symbolise une union rare entre artistes locaux et ceux de la diaspora, un mélange de talents et d’engagements au service d’une cause commune. Des voix différentes, mais un même combat : celui de la paix.
Verite Johnson

