Des représentants des autorités provinciales, des organisations de la société civile, des chefs coutumiers, des leaders religieux, des chercheurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux jeunes leaders se sont réunis à Bunia du 25 au 30 juin 2026 dans le cadre d’un atelier consacré à la localisation des agendas Jeunes, Paix et Sécurité (Résolution 2250) et Femmes, Paix et Sécurité (Résolution 1325) des Nations unies.
Organisée par Young Women Leaders for Peace DRC, en partenariat avec le National Partnership of Children and Youth in Peacebuilding, avec l’appui financier du Programme Paix et Stabilisation d’Affaires mondiales Canada, par l’intermédiaire du Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), cette rencontre de six jours visait à enrichir le projet de Plan d’action provincial de mise en œuvre de la Résolution 2250, déjà soumis au gouvernorat de l’Ituri.
Au cœur des échanges figurait la présentation des résultats d’une enquête préliminaire sur les besoins prioritaires spécifiques au genre des jeunes, afin de renforcer la prise en compte des préoccupations des jeunes filles dans les politiques provinciales de consolidation de la paix.
Selon Sarah Muderwa, coordonnatrice de la Synergie des jeunes filles de l’Ituri et point focal de Young Women Leaders for Peace, cet atelier s’inscrit dans la continuité des initiatives déjà entreprises dans la province.
« Cette activité vient renforcer les actions déjà menées dans ce sens. Elle vise à intégrer les besoins spécifiques des jeunes filles dans l’agenda Jeunes, Paix et Sécurité des Nations Unies. Nous voulons davantage impliquer les jeunes filles afin qu’elles puissent accéder à une véritable autonomie en tant que femmes. Nous souhaitons que leurs préoccupations soient intégrées dans le plan d’action provincial de la Résolution 2250 et que les autorités ainsi que les partenaires prennent en compte la nécessité d’assurer leur participation aux questions de paix et de sécurité », a-t-elle déclaré.
Elle a également annoncé la poursuite des actions de plaidoyer et de sensibilisation afin de favoriser une participation effective des jeunes filles aux processus décisionnels liés à la paix.
L’implication des hommes dans cette dynamique a également été mise en avant. Pour Mardoché Mulumba, membre du Parlement des jeunes de l’Ituri, la promotion de la masculinité positive constitue un levier important.
« Dans le cadre de la masculinité positive, nous allons accompagner les jeunes filles afin de parvenir à une participation effective. Aujourd’hui, la participation des filles et des femmes est indispensable », a-t-il affirmé.
À l’issue des travaux, les participants ont adopté plusieurs recommandations destinées aux autorités provinciales, aux partenaires et aux organisations locales. Ils préconisent notamment la vulgarisation et la traduction des résolutions 2250 et 1325 des Nations unies dans les langues locales, le développement d’activités économiques ciblées en faveur des jeunes, la prévention du recrutement des jeunes par les groupes armés, ainsi que le renforcement des initiatives locales de paix portées par les organisations de jeunesse.
Pour Merveille Fwanuthi, de l’Organisation pour le Bien-être des Albinos au Congo, le défi sera désormais de transformer ces recommandations en actions concrètes.
« Nous allons accompagner l’équipe de la Coalition Jeunes, Paix et Sécurité qui a été mise en place afin de nous assurer de la mise en œuvre des recommandations formulées », a-t-elle indiqué.
À travers cette initiative, les organisateurs espèrent renforcer l’appropriation locale des agendas Jeunes, Paix et Sécurité et Femmes, Paix et Sécurité, tout en favorisant une participation plus active des jeunes filles aux mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits en Ituri, une province confrontée depuis plusieurs années à une insécurité persistante.
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