Plusieurs organisations féminines se sont réunies ce mardi 22 septembre 2026 à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, pour réfléchir au rôle des femmes et à leur implication dans les efforts de restauration de la paix dans la province.
Cette réflexion s’est tenue à l’occasion d’un colloque régional consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité, organisé à l’initiative d’ONU-Femmes autour du thème : « Investir dans la paix, pour tous, partout, chaque jour », en marge de la Journée internationale de la paix.
Au cours des échanges, la question de la visibilité des actions menées par les femmes en faveur de la paix a notamment été soulevée. Pour Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur militaire de l’Ituri en charge du Genre, de la Famille et de l’Enfant, les initiatives réalisées sur le terrain doivent davantage être documentées et partagées.
« Les femmes peuvent capitaliser tout ce qu’elles font sur le terrain par rapport à l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. Il y a beaucoup d’activités qu’elles réalisent, mais lorsqu’on pose la question de savoir ce qu’elles font, on a parfois l’impression qu’elles ne font rien. Ce qu’elles font doit être visible », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette visibilité permettrait de mieux valoriser la contribution des femmes et de renforcer leur participation à la mise en œuvre de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité.
Jeanne Alasha encourage ainsi les femmes à partager davantage leurs expériences et les résultats de leurs initiatives avec les autres acteurs engagés dans la recherche de la paix.
« Les femmes doivent partager avec les autres ce qu’elles sont en train de poser comme actions. C’est de cette manière qu’on peut faire avancer l’agenda Femmes, Paix et Sécurité », a-t-elle ajouté.
Une ouverture sur la dynamique régionale
Au-delà de la célébration de la Journée internationale de la paix, ce colloque avait également une dimension régionale. Il visait notamment à favoriser l’intégration des femmes de l’Ituri dans les initiatives régionales consacrées à la paix et à la sécurité dans la région des Grands Lacs.
Pour Jeanne Alasha, cette rencontre constitue une occasion pour les femmes de la province de faire connaître leurs expériences, mais également de tirer des enseignements des initiatives menées par des organisations féminines et des plateformes engagées dans l’agenda Femmes, Paix et Sécurité dans d’autres pays de la région.
Des avancées dans l’implication des femmes
Pour sa part, Fallon Nzola, point focal du Collectif des associations des femmes pour le développement, relève une avancée significative dans l’implication des femmes dans le processus de développement en Ituri.
« En Ituri, nous sommes en progression. C’est une lutte que nous avons commencée il y a longtemps », a-t-elle déclaré dans des propos recueillis par Buniaactualite.cd.
Elle se dit convaincue que, dans les jours à venir, la participation des femmes pourra s’étendre à tous les niveaux de la société.
L’autonomisation des femmes au cœur des échanges
De son côté, Noella Mwinda, de l’ONG La Fraternité, active dans l’entrepreneuriat des jeunes filles, a mis l’accent sur l’importance de l’autonomisation des femmes.
Elle souligne que les femmes sont de plus en plus actives dans différents secteurs et que des initiatives sont mises en place pour renforcer leur autonomie.
« Les femmes sont aujourd’hui actives et autonomes. Nous organisons des formations par-ci, par-là afin que les femmes ituriennes soient capables de surmonter elles-mêmes leurs défis », a souligné Noella Mwinda.
À travers ces échanges, les participantes ont notamment plaidé pour une meilleure valorisation des initiatives portées par les femmes, leur autonomisation ainsi que leur participation accrue aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits.
L’objectif est également de renforcer les échanges d’expériences et de favoriser une implication accrue des femmes dans les processus de consolidation de la paix en Ituri.
Jonathan Bavonga

