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    Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a vibré, du 20 au 23 avril 2026, au rythme d’un engagement fort en faveur de la paix. Pendant quatre jours, des femmes, des jeunes et quelques hommes venus de plusieurs territoires de l’Ituri ainsi que de Beni ont pris part à un atelier de formation axé sur la gestion et la résolution des conflits, les techniques de médiation et la cohésion sociale.

    Organisée par la Synergie des femmes pour la paix et la sécurité de la province de l’Ituri, avec l’appui d’ONU Femmes et pour toutes les femmes et filles, cette initiative visait à renforcer les capacités locales dans un contexte marqué par des tensions persistantes.

    L’objectif est clair : promouvoir une participation active, inclusive et durable des femmes dans les processus de paix, à tous les niveaux.

    Comprendre pour mieux agir !

    Au cœur de la formation, plusieurs thématiques clés ont été abordées : la sensibilité au conflit, l’analyse du contexte, l’élaboration et l’interprétation de l’arbre à problèmes, études de cas pratiques etc. Autant d’outils essentiels pour mieux appréhender les réalités du terrain et intervenir de manière efficace.

    Pour Joyce Byamungu, une participante au nom de la Synergie des jeunes filles de l’Ituri, cette formation arrive à point nommé : « C’était important pour comprendre comment aborder et résoudre les conflits dans le contexte de l’Ituri. »

    Une compréhension partagée qui constitue désormais une base commune pour les participantes appelées à agir dans leurs communautés respectives.

    Redonner aux femmes leur place dans la paix

    Au-delà des outils techniques, l’atelier a aussi porté un message fort : celui de la reconnaissance du rôle des femmes dans la construction de la paix.

    Prenant la parole au nom de la synergie des femmes pour la paix et la sécurité en Ituri, Eduine Kerere a insisté sur cette réalité souvent négligée : « Les femmes et les jeunes sont aussi des actrices de paix. Pourtant, elles sont souvent écartées des processus décisionnels. »

    Elle poursuit avec détermination : « Nous voulons outiller ces femmes pour que le gouvernement ne puisse plus les exclure des processus de paix. »

    Un plaidoyer clair, qui s’inscrit dans une dynamique plus large visant à repositionner les femmes comme des piliers incontournables de la stabilité sociale.

    Les participantes, venues notamment de Bunia, Djugu, Mahagi, Aru, Mambasa et Irumu, ne sont pas novices dans l’action communautaire. La synergie mène déjà plusieurs initiatives de plaidoyer, y compris à l’échelle internationale.

    Parmi celles-ci, des rencontres avec des personnalités de haut niveau, dont le président angolais João Lourenço et des responsables politiques en RDC, témoignent de leur engagement à porter la voix des femmes au-delà des frontières locales.

    La paix commence dans les familles.  Pour Marthe Dheve, première vice-présidente du Collectif des femmes de l’Ituri et experte en médiation, le rôle des femmes est multiple et fondamental. La paix commence dans la famille, par la culture du dialogue, la sensibilisation et le renforcement des capacités a-t-elle indiquée.

    Elle insiste également sur leur implication dans la médiation, l’autonomisation et la promotion du vivre-ensemble. Une approche globale, qui place la femme au centre de la transformation sociale.

    Un engagement pour l’avenir

    À l’issue de la formation, les participantes ont pris un engagement fort : restituer les connaissances acquises auprès de leurs bases respectives et les mettre en pratique sur le terrain.

    « Nous avons pris l’engagement d’aller restituer cette formation », a confié l’une d’elles.

    Dans une province en quête de stabilité, cette volonté d’action apparaît comme un signal encourageant. D’autant plus que, comme l’a rappelé Eduine Kirere, « la province en a grandement besoin ».

    La formation s’achève, mais le processus ne fait que commencer. La voix des femmes, longtemps marginalisée, commence à se faire entendre. Et avec elle, l’espoir d’une paix construite par tous, pour tous.

    Car au fond, comme le rappelle ce dicton repris lors de l’atelier : « Si nous n’apprenons pas à vivre ensemble comme des frères, alors nous mourrons ensemble comme des idiots. ». Un appel à la responsabilité collective.

     

    Verite Johnson

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