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    C’est visiblement une guerre ouverte qui se déclenche entre le gouverneur militaire de l’Ituri et son prédécesseur en veilleuse, Jean Bamanisa Saidi.

    Tout commence en décembre dernier lorsque le Lieutenant-Général Luboya Nkashama adresse deux lettres à l’auditeur militaire supérieur de cette province, lui demandant “avec insistance” d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de son prédécesseur concernant l’utilisation d’un prêt de l’ordre de 1 million de dollars contracté en 2019 auprès d’une banque commerciale de la place.

    Relayée par buniaactualite.com, cette nouvelle était tombée comme une goutte qui a fait déborder le vase, lorsqu’on sait que déjà dès le début de l’état de siège, les relations entre les deux hommes n’ont jamais été au beau fixe.

    Réagissant à cette situation, Maître Romain Battajon, avocat de M. Bamanisa qui dit agir à son nom, explique que le montant de cette créance avait été sollicité et obtenu après une autorisation expresse de l’autorité budgétaire qui est l’assemblée provinciale de l’Ituri.

    « [•••] Le montant de 1 million de dollars avait été utilisé comme suit: une tranche de 415.000 dollars à titre des subsides à l’assemblée provinciale, une tranche de 485.000 dollars affecté aux travaux des routes provinciales et une dernière tranche de 100.000 dollars pour les besoins », peut-on lire dans ce document parvenu à notre rédaction.

    Dans ses allégations, la nouvelle autorité provinciale soupçonne en effet un possible détournement du montant, alors que la province est tenue de rembourser chaque mois, environ 48.000 dollars à la banque.

    Jean Bamanisa soutient à ce sujet que sous son mandat, les comptes de la province ont été audités par la cour des comptes, l’inspection du ministère des Finances et l’assemblée provinciale “sans qu’aucune zone d’ombre n’ait été relevée”.

    L’ancien gouverneur déjà déchu par une motion de l’organe délibérant de l’Ituri avant d’être ensuite mis en veilleuse après instauration de l’état de siège, rappelle par ailleurs à son successeur le principe de la continuité de l’Etat qui l’oblige à continuer d’honorer les engagements pris à son époque.

    L’ex gouverneur connu pour son langage assez direct, n’a pas manqué de lancer une contre-attaque au vue des allégations qui pèsent sur lui.

    « L’état de siège qui est une période d’exception voulue par le Président de la République, Chef de l’État, ne prévoit nullement que le gouverneur militaire se livre à des opérations d’audit sur la gestion du gouvernement civil en suspens, mais plutôt qu’il s’occupe de mener les opérations militaires destinées à restaurer la paix », écrit son conseil.

    Maître Battajon fustige par ailleurs le fait que la justice militaire soit réduite à un instrument à la disposition du gouverneur militaire pour rendre des comptes politiques à ceux qui ont dirigé l’Ituri avant lui.

    « Mon client note que depuis le début de l’état de siège, lui-même et plusieurs de ses membres du gouvernement provincial en suspens font l’objet d’injures publiques, d’imputation dommageable et de dénigrement, voire de procédures judiciaires, une situation qu’il juge de fort regrettable (•••)», soutient-il dans le document.

    Il dénonce en plus la « suspension unilatérale » de ses avantages sociaux depuis 6 mois par le gouverneur militaire ainsi que la prise en charge de son service de sécurité, tel que garanti par l’ordonnance portant proclamation de l’état de siège.

    La Rédaction

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