Au site de déplacés de Kigonze (Bunia) en Ituri, la survie quotidienne devient de plus en plus difficile pour des milliers de familles ayant fui l’insécurité dans leurs villages d’origine. Entre faim, maladies et manque d’accès aux soins, les déplacés vivent dans une précarité alarmante.
Le président du site, Dz’djo Ndrutsi Étienne, décrit une situation devenue insoutenable.
« Nous vivons des cascades : certains vont quémander, travailler aux champs pour les uns, nettoyer les véhicules des gens en ville », explique-t-il, évoquant les multiples stratégies de survie auxquelles recourent les déplacés pour trouver de quoi manger.
Selon lui, la situation sanitaire inquiète particulièrement au sein du site. En seulement deux mois, 58 personnes ont perdu la vie.
« Même aujourd’hui, nous avons un mort ici. Ils meurent de différentes maladies », déplore-t-il.
À cette souffrance s’ajoute le problème d’accès aux soins médicaux. D’après le chef du site, les services de santé accessibles gratuitement concernent essentiellement les femmes enceintes, tandis que les autres malades peinent à être pris en charge.
« Ici, la santé c’est uniquement pour les femmes enceintes », affirme-t-il.
Pour les cas jugés graves, les malades sont référés à l’hôpital général. Mais même avec une réduction accordée sur les frais médicaux, plusieurs familles restent incapables de payer les coûts exigés.
Face à cette réalité, il lance un appel aux autorités, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux personnes de bonne volonté afin qu’une assistance soit apportée aux déplacés de Kigonze.
Le site accueille actuellement plus de 3 033 ménages déplacés, vivant pour la plupart dans des conditions difficiles.
Depuis plusieurs années, l’Ituri est confrontée à une insécurité persistante marquée par les attaques de groupes armés dans plusieurs territoires de la province. Cette situation continue de provoquer des déplacements massifs de populations, aggravant les besoins humanitaires dans les différents sites de déplacés où les conditions de vie restent très précaires.
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