Au moins 16 civils ont été tués et plus de 24 600 personnes contraintes de fuir leurs habitations à la suite de nouveaux affrontements armés survenus fin septembre 2026 dans le territoire de Djugu, en Ituri. Ces violences ont également perturbé l’assistance humanitaire et les opérations de lutte contre Ebola, selon le dernier rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
D’après ce rapport de situation couvrant le mois de septembre et publié le 15 octobre, la situation sécuritaire s’est fortement détériorée entre le 27 et le 30 septembre dans plusieurs localités des zones de santé de Drodro, Fataki et Lita, après plusieurs semaines d’accalmie relative.
Les affrontements, impliquant notamment des éléments des groupes armés CODECO et Convention pour la révolution populaire (CRP), ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations. Le bilan d’au moins 16 civils tués, parmi lesquels des personnes déplacées, repose sur des informations recueillies auprès de sources locales.
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L’organisation non gouvernementale Programme de promotion des soins de santé primaires (PPSSP), citée par OCHA, fait état de plus de 24 600 personnes ayant fui les violences vers au moins cinq aires de santé de Drodro et Lita.
Dans les localités de Rhoo, Nyampala et Blukwa, les affrontements enregistrés dans la nuit du 27 au 28 septembre avaient déjà provoqué des pertes humaines et d’importants mouvements de population.
Selon une précédente alerte d’OCHA, au moins quatre personnes déplacées du site de Rhoo avaient été tuées et sept autres blessées. Plusieurs habitations avaient également été incendiées à Blukwa.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, plus de 3 100 civils, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées, avaient trouvé refuge auprès de la base de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) à Rhoo.
Au-delà des pertes humaines et des déplacements, la reprise des violences affecte directement l’assistance destinée aux populations vulnérables.
Selon OCHA, l’insécurité a contraint certains partenaires humanitaires à suspendre temporairement leurs interventions. Une distribution d’assistance prévue pour près de 10 000 personnes a notamment été reportée.
Les affrontements ont également perturbé la circulation sur la Route nationale 27 (RN27), compliquant les déplacements des équipes humanitaires et l’acheminement de l’aide vers les zones affectées.
La situation constitue aussi un obstacle supplémentaire à la lutte contre la maladie à virus Ebola. Dans les zones de santé de Drodro, Fataki et Lita, certaines activités de surveillance épidémiologique, de sensibilisation communautaire et de prise en charge des patients ont été perturbées par l’insécurité.
Des partenaires intervenant dans la riposte ont notamment dû limiter leurs déplacements, tandis que le transfert d’échantillons et l’orientation de certains patients vers les structures sanitaires ont connu des difficultés.
Cette nouvelle flambée de violences intervient dans un territoire où de nombreuses familles vivent déjà depuis plusieurs années dans des sites de déplacés, avec des besoins persistants en alimentation, en soins de santé, en eau potable et en protection.
Les Nations unies et leurs partenaires appellent les parties impliquées dans les affrontements à respecter le droit international humanitaire, à protéger les civils et à garantir l’accès des organisations humanitaires aux populations dans le besoin.
Le bilan présenté concerne les violences documentées à la fin du mois de septembre. Il ne constitue donc pas un décompte actualisé de l’ensemble des incidents sécuritaires survenus à Djugu depuis le début du mois d’octobre.
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