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    Après 100 jours de riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri, le Parlement des Jeunes de l’Ituri (PJI) réclame un audit indépendant de la réponse sanitaire. L’organisation estime qu’une évaluation approfondie permettrait d’identifier les éventuelles failles, d’améliorer les interventions et de renforcer la confiance des communautés.

    Dans une déclaration rendue publique à l’issue de plusieurs observations et échanges avec des acteurs et des communautés, le PJI se dit préoccupé par la persistance de l’épidémie et des décès qui lui sont associés.

    La structure soulève plusieurs préoccupations relatives notamment aux conditions de travail de certains agents, à la sensibilisation communautaire, à l’implication des jeunes et aux actes de violence visant des équipes de riposte.

    Le Parlement des Jeunes estime que les conditions de travail et la prise en charge de certains agents engagés dans la réponse contre Ebola nécessitent une attention particulière.

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    Pour le PJI, l’efficacité de la riposte dépend également de la capacité à garantir au personnel déployé sur le terrain des conditions de travail appropriées et un accompagnement adapté à ses responsabilités.

    L’organisation demande que cet aspect figure parmi les éléments à évaluer afin d’identifier d’éventuelles difficultés susceptibles d’affecter les interventions.

    Renforcer la communication avec les communautés

    Le PJI s’interroge également sur l’efficacité de la sensibilisation communautaire dans certaines zones.

    Il estime que les insuffisances dans la communication de proximité peuvent créer un terrain favorable aux rumeurs, à la désinformation et à la méfiance envers les équipes de riposte.

    La structure recommande ainsi de renforcer la Communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC), notamment en adaptant davantage les interventions aux réalités socioculturelles des différentes communautés de l’Ituri.

    Pour le Parlement des Jeunes, les populations ne devraient pas être considérées uniquement comme des destinataires des messages sanitaires, mais comme des acteurs directement associés à la conception et à la mise en œuvre des stratégies de prévention.

    La place accordée à la jeunesse dans la riposte constitue une autre préoccupation soulevée par l’organisation.

    Le PJI affirme que des jeunes mènent des initiatives de sensibilisation dans leurs communautés, parfois avec leurs propres moyens, mais que ces actions ne seraient pas suffisamment intégrées dans le dispositif général de réponse.

    Il estime que la proximité des organisations de jeunesse avec les communautés pourrait être davantage mise à profit, notamment dans les zones confrontées aux résistances, aux rumeurs et à la méfiance.

    Le Parlement des Jeunes demande ainsi, dans sa communication parvenue à buniaactualite.cd, une participation plus effective des structures locales de jeunesse aux mécanismes de planification et aux interventions communautaires.

    Les agressions contre les équipes de riposte condamnées

    Le PJI condamne également les violences enregistrées contre certains agents engagés dans la lutte contre Ebola.

    Tout en estimant qu’aucune contestation ne peut justifier des agressions contre les intervenants sanitaires, l’organisation considère que la répétition de tels incidents doit conduire à examiner les facteurs qui alimentent la défiance de certaines communautés.

    Elle recommande notamment de renforcer le dialogue et les mécanismes d’écoute communautaire afin de prévenir de nouvelles violences.

    Cette question revêt, selon le PJI, une importance particulière dans la perspective des activités de vaccination contre Ebola. Une communication insuffisante en amont pourrait, estime-t-il, favoriser de nouvelles résistances.

    Face à ces préoccupations, le Parlement des Jeunes demande un audit qu’il souhaite « indépendant, transparent et inclusif » de la riposte contre Ebola en Ituri.

    Selon sa proposition, cette évaluation devrait notamment examiner la gestion des ressources financières et matérielles mobilisées, les conditions de prise en charge du personnel ainsi que l’efficacité des différents piliers de la réponse.

    Le PJI souhaite également une évaluation des activités de communication et de sensibilisation, de la coordination entre les différents intervenants et de la participation des organisations communautaires et de jeunesse.

    La demande d’audit formulée par le PJI ne constitue toutefois pas, en elle-même, la preuve d’irrégularités dans la gestion de la riposte. L’organisation la présente plutôt comme un mécanisme permettant d’évaluer les interventions, d’identifier d’éventuels dysfonctionnements et de procéder aux ajustements nécessaires.

    « Le temps est à l’évaluation »

    Le Parlement des Jeunes estime que la persistance de la méfiance, des rumeurs, des violences contre les intervenants et des nouvelles contaminations nécessite une réévaluation des stratégies déployées.

    Il appelle le gouvernement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les autres partenaires impliqués dans la réponse à renforcer le dialogue avec les communautés et les acteurs locaux.

    « Le temps n’est plus aux discours. Le temps est à l’évaluation, à la transparence et à la correction des failles », insiste le Parlement des Jeunes de l’Ituri.

    Pour le PJI, l’objectif d’une telle démarche ne devrait pas être de désigner des responsables avant toute vérification, mais de tirer les leçons des 100 premiers jours de riposte et d’améliorer la réponse afin de limiter les contaminations et les décès.

    Jonathan Bavonga

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