La situation sécuritaire dans la région de Bule, en territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile et des leaders communautaires. Dans une déclaration rendue publique, Deogratias Bungamuzi Kukwabo, président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri, alerte sur les risques imminents qui pèsent sur les populations déplacées, notamment celles installées au site de Savo.
Selon cette déclaration, les rebelles de la Convention pour la révolution populaire (CRP) auraient modifié leur mode opératoire au cours de la dernière semaine, en se dissimulant au sein des sites de déplacés. Ces groupes armés utiliseraient des femmes, des enfants et des personnes âgées comme boucliers humains, une pratique qualifiée d’inhumaine et contraire au droit international humanitaire.
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Cette situation, estime l’auteur de l’appel, « expose gravement » les déplacés à des représailles militaires et à de nouveaux massacres. Il déplore également ce qu’il considère comme une tentative de manipulation de l’opinion, accusant certains leaders d’inciter la population à se retourner contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
« Il faut le dire clairement : seules les FARDC ont le droit et le devoir de protéger la population. Aucune rébellion n’a jamais apporté la paix en Ituri, et aucune n’en apportera aujourd’hui », martèle ce jeune ambassadeur de la paix.

Crainte d’un retour de la CODECO et appel à l’action
Au-delà de la menace actuelle de la CRP, Deogratias Bungamuzi Kukwabo redoute une résurgence de la milice CODECO, « tristement célèbre » pour les massacres de civils en Ituri. Il rappelle notamment le drame du 2 février 2022, au cours duquel 63 civils avaient été tués sur le site de déplacés de Savo.
Pour lui, le risque est réel de voir se reproduire des violences de masse si la confusion actuelle persiste, alimentée par des discours qualifiés de « faux patriotisme », similaires à ceux observés récemment dans la région de Lopa.
Le président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri appelle à des mesures urgentes. Il exhorte la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) à assumer pleinement son mandat en sécurisant les sites de déplacés et en éloignant tous les groupes armés de ces zones civiles.
Par ailleurs, il demande aux autorités congolaises de clarifier sans délai le rôle et le fonctionnement de la coalition FARDC–UPDF dans le territoire de Djugu.
Selon lui, des zones d’ombre persistent quant à la coordination entre les deux armées, notamment face à la menace de la CRP et de la CODECO, alimentant ainsi la peur et la désinformation au sein de la population.
« Le silence et le flou actuels risquent de nourrir la manipulation et de précipiter une nouvelle tragédie », avertit-il.
Alors que l’Ituri reste marquée par des années de violences armées, cet appel relance le débat sur la protection des civils, la communication des autorités sécuritaires et le rôle des forces nationales et internationales dans la prévention de nouveaux massacres.
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