L’administrateur policier du territoire d’Aru, Richard Mbambi, est sorti de son silence après la série d’interpellations visant plusieurs responsables communautaires à Ariwara. Alors que certaines voix l’accusent d’être à l’origine de ces opérations, il rejette catégoriquement ces allégations et affirme que les procédures en cours relèvent exclusivement de la justice militaire.
Dans une déclaration adressée aux journalistes et parvenue à buniaactualite.cd, l’autorité territoriale explique que les interpellations sont exécutées par un officier supérieur dépêché depuis Bunia par l’auditorat militaire, muni de documents judiciaires régulièrement établis.
« C’est l’auditorat militaire de Bunia qui a envoyé un officier supérieur avec des documents en bonne et due forme. Je ne m’immisce jamais dans les affaires de justice », a ddéclaré le commissaire supérieur principal Richard Mbambi.
Selon lui, l’équipe venue de Bunia s’est d’abord présentée aux services de police avant de l’informer de sa mission. Il affirme avoir simplement rappelé le principe de séparation des pouvoirs et laissé les magistrats accomplir leur travail.
« Dès lors qu’un officier est envoyé par l’auditorat de Bunia, je ne peux pas lui dire de ne pas mener son enquête. Les affaires judiciaires relèvent du pouvoir judiciaire, pas de l’administration », a-t-il insisté.
Depuis plusieurs jours, les interpellations du coordonnateur de la société civile de la chefferie des Zaki, du président de la jeunesse locale, de son vice-président ainsi que d’autres responsables alimentent de nombreuses réactions à Ariwara. Certains habitants y voient une conséquence des prises de position publiques des forces vives sur la situation sécuritaire de la région.
Sans se prononcer sur le fond du dossier, Richard Mbambi invite la population à ne pas tirer de conclusions hâtives.
« Lorsqu’une personne est convoquée ou entendue par la justice, cela ne signifie pas qu’elle est automatiquement coupable ou qu’elle ira en prison. Elle est entendue, répond aux questions et la justice poursuit son travail », a-t-il expliqué.
L’administrateur apporte également une précision concernant le chef de la chefferie des Zaki, dont la convocation a suscité plusieurs commentaires. Il affirme que celui-ci n’a pas été arrêté mais simplement invité à comparaître en qualité de renseignant.
« Le chef de la chefferie de Zaki est convoqué comme renseignant. Même moi, en tant qu’administrateur, je peux être convoqué pour fournir des renseignements dans un dossier. C’est une procédure normale », a-t-il indiqué.
Richard Mbambi réfute par ailleurs les informations selon lesquelles le comité local de sécurité aurait porté plainte contre le chef de la chefferie des Zaki.
« Un comité local de sécurité ne peut pas déposer plainte contre l’un de ses propres membres. Restons dans les faits et évitons les rumeurs », a-t-il déclaré.
Face aux tensions observées ces derniers jours, l’administrateur appelle les habitants d’Ariwara et du territoire d’Aru au calme, estimant que les spéculations risquent d’alimenter inutilement les inquiétudes.
« Que la paix et le calme règnent. Ne nous agitons pas. Tout le monde est justiciable et nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il lancé.
Pour rappel, la montée de l’insécurité dans la région d’Ariwara avait occasionné une vive tension entre des leaders locaux avec l’administrateur du territoire d’Aru, y compris les services de sécurité dans la région. Les Forces vives, dans leur démarche, réclament le renforcement du dispositif sécuritaire et de la sécurisation des personnes et de leurs biens.
Au moment de cette mise au point, les autorités judiciaires militaires n’avaient pas encore communiqué officiellement sur les faits faisant l’objet des enquêtes ni sur les motifs précis des différentes convocations et interpellations.
La rédaction poursuit ses démarches auprès des autorités compétentes afin d’obtenir davantage d’éclaircissements sur cette affaire et publiera toute nouvelle information vérifiée conformément aux principes d’équilibre et de contradictoire.
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