Bien que la maladie à virus Ebola demeure une menace en Ituri, les personnes prises en charge rapidement dans les centres de traitement peuvent guérir. De nombreux cas ont d’ailleurs été relayés par la presse. Pourtant, leur retour au sein de la communauté reste souvent freiné par la stigmatisation.
C’est cette problématique que nous abordons dans ce numéro d’aujourd’hui.
Si aucun traitement curatif spécifique contre le virus Ebola n’est encore disponible, les personnels de santé assurent une prise en charge des symptômes. Et les résultats sont visibles.
« Les malades amenés tôt au centre de traitement guérissent », confirment plusieurs soignants.
Malheureusement, une fois sortis du Centre de Traitement Ebola (CTE), les guéris font face à la méfiance, au rejet, voire à l’exclusion. Une situation qui complique leur réinsertion sociale et familiale.
Face à cette stigmatisation, dans le cadre du programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET/Nguzo ya Mabadiliko), Buniaactualite.cd, en collaboration avec le Collectif des radios et télévisions communautaires du Nord-Kivu (CORACON) et l’organisation humanitaire Mercy Corps, a rencontré un psychologue afin de mieux comprendre le dispositif d’accompagnement mis en place.
Selon René, psychologue au Centre hospitalier de Nyakunde, la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE) intègre un volet de prise en charge psychologique.
« Dans ce paquet, nous, les psychologues, nous rendons dans les familles des personnes guéries. L’objectif est de préparer la communauté et la famille à accueillir le patient avec amour et considération », explique-t-il.
Ce travail mené en amont vise à déconstruire les préjugés et à rappeler un message essentiel de santé publique.
Dans une interview accordée ce lundi 20 juillet, René lance un appel à la communauté.
« J’invite tout le monde à accueillir les personnes guéries de la MVE, car elles ne représentent plus aucun risque pour la société », a-t-il lancé.
Une fois déclarées guéries par les équipes médicales, ces personnes ne sont plus contagieuses. Leur rejet ne repose donc sur aucune base scientifique, mais alimente leur souffrance psychologique et retarde leur retour à une vie normale.
A lire aussi : Nia-Nia : cinq nouveaux guéris d’Ebola quittent le CTE, dont trois agents de santé
Signalons que le programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET/Nguzo ya Mabadiliko) est mis en œuvre dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, ainsi qu’en ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, par un consortium composé de Mercy Corps, Justice Plus, APC, OIM et SOFEPADI, avec le financement du gouvernement britannique à travers le FCDO/UKAID.
Rédaction

