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    À Bunia, l’écho de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes continue de se faire entendre ce lundi. Dimanche 8 mars, la province de l’Ituri a marqué l’édition 2026 de cette journée mondiale dans une ambiance à la fois festive, engagée et porteuse d’espoir.

    Placée sous le thème provincial « Droit, justice, action et participation, gage de la paix et de l’autonomisation durable de la femme et de la fille en Ituri », la cérémonie officielle s’est déroulée dans la ville de Bunia. Plusieurs autorités locales y ont pris part, notamment le maire de la ville, le commissaire principal, ainsi que de nombreuses corporations féminines venues témoigner de leur engagement pour la paix et le développement.

    Un hommage aux femmes et à leur résilience

    Prenant la parole devant l’assistance, le maire de la ville a salué la contribution essentielle des femmes dans la société et leur détermination face aux épreuves.

    « En ce jour spécial, et avec tout le respect que je vous dois, je vous souhaite une bonne fête. Nous dédions cette journée non seulement au rôle que joue la femme dans la société, au sein de nos communautés et pour le développement de notre pays, mais aussi à sa lutte, à sa défense et à sa dignité », a-t-il déclaré, rendant hommage à la résilience des femmes de l’Ituri.

    Organisée par la Division du Genre, la cérémonie a connu une forte mobilisation. Les participantes, venues de différents horizons, ont marqué l’événement par une présence remarquée, notamment à travers des tenues vertes et blanches, symboles d’espoir et d’aspiration à un retour durable de la paix dans la province.

    Parmi les acteurs de l’organisation, Jean Marc Mazio s’est réjoui de l’engagement observé tout au long de la journée.

    « Nous avons apprécié la mobilisation et l’engagement des parties prenantes. C’était une activité inclusive où nous avons noté la présence des différentes corporations : femmes militaires, policières, ménagères, membres d’ONG, et travailleuses. »

    Au-delà du caractère festif, la journée a également été un moment de réflexion. Un état des lieux de la situation de la femme en Ituri a été présenté, rappelant les nombreux défis humanitaires auxquels la province reste confrontée après plusieurs années de conflits armés.

    « Les femmes aujourd’hui habillées en vert et blanc ont choisi ces couleurs pour démontrer les efforts de la paix et l’espoir. Nous allons vers la paix », a insisté Mazio.

    Un mémorandum pour dénoncer les inégalités

    Le moment le plus marquant de la cérémonie a été la lecture du mémorandum des femmes de l’Ituri. Dans ce document, l’oratrice a retracé l’histoire du 8 mars avant d’évoquer la réalité difficile vécue par de nombreuses femmes dans la province.

    « Depuis 2017, notre province traverse une période difficile marquée par l’insécurité et la présence de groupes armés locaux et étrangers. Les femmes et les filles paient un lourd tribut : violences sexuelles, perte de moyens de subsistance, déplacements massifs », a-t-elle rappelé.

    Le texte a également mis en lumière la faible présence des femmes dans les sphères de décision politique.

    « La représentativité des femmes demeure faible dans les instances décisionnelles. En Ituri, depuis 2015, aucune femme n’a été élue gouverneur ou vice-gouverneur. Sur 45 divisions provinciales, seules 4 femmes sont chefs de division », a déploré Mme de la COFEMI, appelant à l’application stricte de la Constitution et de la résolution 1325 des Nations Unies.

    « La lutte continue »

    En marge de la cérémonie, Jean Marc Mazio a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer la condition des femmes.

    « La lutte continue. La situation de la femme n’a pas encore atteint les résultats que nous recherchons. Il n’est pas question de dire que parce que nous avons célébré aujourd’hui le 8 mars, on va croiser les bras. C’est la lutte de chaque jour. Il est temps de briser le silence pour que nous puissions dire non aux violences faites à la femme. »

    Les organisateurs ont par ailleurs salué l’accalmie sécuritaire relative observée ces derniers mois dans la province, une situation qui a facilité la sensibilisation et la préparation des activités dans les cinq territoires de l’Ituri.

    Au terme de la célébration, les femmes de la province ont réaffirmé leur détermination à jouer pleinement leur rôle dans la reconstruction de la région, se présentant comme des « bâtisseuses de résilience et piliers de la reconstruction », porteuses d’un message d’espoir pour une paix durable.

    Grâce Kasemire

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