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    Vingt-cinq acteurs issus des secteurs de la santé animale et de la conservation de la nature ont été formés à Bunia à l’utilisation des plateformes numériques EMA-i+ et EMPRES-i+, destinées à renforcer la collecte, la transmission et l’exploitation des données de surveillance épidémiologique.
    Organisée du 31 août au 3 septembre 2026 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec le soutien du Fonds humanitaire RDC, la formation a réuni notamment des techniciens vétérinaires, des épidémiologistes, des écogardes et des gardes-chasse venus de cinq territoires de l’Ituri ainsi que du Nord-Kivu.
    Pendant quatre jours, les participants ont alterné enseignements théoriques et exercices pratiques afin de se familiariser avec EMA-i+ (Event Mobile Application) et EMPRES-i+, deux outils permettant notamment d’améliorer la remontée des informations épidémiologiques depuis le terrain.
    Deux agents épidémiologistes découvrent et configurent leurs nouveaux appareils destinés au suivi et au signalement sur le terrain. Crédit photo : Gianni Christian / FAO
    L’objectif est de permettre aux acteurs de première ligne de documenter plus rapidement les événements sanitaires touchant les animaux et de transmettre les alertes aux services compétents, dans une logique de détection précoce et de réponse rapide.
    Une approche « Une seule santé »
    L’activité s’inscrit dans le cadre du projet « Assistance humanitaire intégrée ONE HEALTH », qui vise notamment à renforcer les capacités de prévention et de réponse aux urgences sanitaires tout en contribuant à la protection des moyens d’existence des communautés vulnérables.
    Cette approche repose sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement, particulièrement importante dans des zones où les populations, les animaux domestiques et la faune sauvage interagissent régulièrement.
    Pour Hector Christophe Oussou, chef du bureau de la FAO à Bunia, le renforcement de la surveillance apparaît d’autant plus nécessaire que l’Est de la RDC demeure confronté à plusieurs défis sanitaires et humanitaires.
    « Cet atelier intervient dans un contexte particulier marqué par la persistance des urgences sanitaires et humanitaires dans l’Est de la RDC, notamment en Ituri. Cette situation nous rappelle combien il est essentiel de renforcer les mécanismes de détection précoce, d’alerte et de réponse rapide aux menaces sanitaires qui émergent à l’interface entre l’homme, l’animal et l’environnement », a-t-il déclaré.
    Il considère les agents vétérinaires et les acteurs chargés de la surveillance environnementale comme une première ligne dans la détection des menaces sanitaires émergentes.
    Vue d’ensemble de la salle de formation lors des sessions de présentation. Crédit photo : Gianni Christian / FAO
    Collecter et transmettre rapidement les alertes
    Le chef de la Division provinciale de la Pêche et de l’Élevage, l’ingénieur Kabasiki Fiston, a pour sa part appelé les participants à faire un usage responsable des compétences et des outils acquis au cours de la formation.
    « En centralisant nos ressources et en simplifiant nos flux de travail, EMA-i+ et EMPRES-i+ nous donnent les moyens de répondre avec agilité aux défis du terrain », a-t-il indiqué.
    Selon lui, l’utilisation de ces technologies s’inscrit dans la promotion de l’approche « Une seule santé » par la FAO, le Service national d’épidémiosurveillance (SENES), le ministère de la Pêche et de l’Élevage et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
    L’enjeu consiste notamment à améliorer la circulation de l’information entre les agents présents sur le terrain et les structures chargées de l’analyse et de la réponse aux alertes sanitaires.
    Des outils jugés utiles par les acteurs de terrain
    À l’issue de la formation, plusieurs participants ont estimé que les nouvelles compétences acquises pourraient améliorer leurs interventions.
    Justine Etoro, épidémiologiste au Service national d’épidémiosurveillance à Bunia, considère notamment que la numérisation de la collecte des informations peut renforcer la capacité d’anticipation face aux risques sanitaires.
    « Cette formation arrive à un moment très important, surtout avec la situation actuelle liée à la maladie à virus Ebola. L’objectif n’est pas seulement de faire face aux épidémies d’aujourd’hui, mais aussi de nous préparer à celles qui pourraient apparaître demain », explique-t-elle.
    Elle estime qu’une surveillance renforcée doit permettre de mieux prévenir les risques et, à terme, de renforcer la protection des communautés.
    Pour Félix, écogarde de l’Institut congolais pour la conservation de la nature affecté à la Réserve de faune à okapis (RFO) d’Epulu, dans le territoire de Mambasa, l’intérêt de ces applications réside notamment dans leur utilisation au cours des patrouilles.
    « Désormais, lorsque nous observons un animal malade, mort ou présentant des signes inhabituels pendant nos patrouilles, nous pourrons mieux documenter et transmettre rapidement les informations aux services concernés », témoigne-t-il.
    Renforcer l’alerte précoce
    À travers la formation de ces acteurs, la FAO et ses partenaires cherchent à renforcer le dispositif d’alerte reliant les zones d’élevage, les espaces de conservation de la faune sauvage et les services chargés de la surveillance sanitaire.
    L’utilisation d’EMA-i+ et d’EMPRES-i+ devrait notamment permettre une remontée plus rapide des événements sanitaires observés sur le terrain et faciliter leur analyse par les structures compétentes.
    Dans une région régulièrement confrontée aux épidémies et où les interactions entre humains, animaux domestiques et faune sauvage sont importantes, les organisateurs misent ainsi sur la détection précoce comme l’un des moyens de réduire les risques sanitaires avant leur propagation.
    Rédaction
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