Lors d’un meeting populaire organisé à Biakato, en chefferie des Babila-Babombi, le commandant du secteur opérationnel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en Ituri, le général Bruno Mandefu, a annoncé ce samedi de nouvelles mesures sécuritaires visant à éradiquer les Allied Democratic Forces (ADF) et à restaurer la paix dans la région.
Représentant le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, le général Bruno Mandefu a clôturé ce meeting consacré à la situation sécuritaire dans la chefferie des Babila-Babombi.
Tenu au stade Tata Alafu, au centre de Biakato, ce rassemblement a permis au commandant militaire d’échanger directement avec la population, d’écouter ses préoccupations et d’apporter des réponses concrètes.
Face aux multiples alertes de la population, le général Mandefu a annoncé une politique de tolérance zéro contre la négligence des renseignements sécuritaires.
Il a indiqué que tous les commandants ayant ignoré les informations fournies par la population, et qui auraient pu empêcher les massacres du 7 mai 2026 à Lalia, seront traduits devant la justice.
« Rien ne sera fait sans la collaboration de la population. Il faut un véritable mariage civilo-militaire pour réussir », a insisté le commandant du secteur opérationnel des FARDC en Ituri dans des propos recueillis par Buniaactualite.cd.
Parmi les mesures annoncées figure également le déploiement imminent de l’armée ougandaise, Uganda People’s Defence Force (UPDF), à Biakato dès le lundi 18 mai.
Selon le général Mandefu, les militaires ougandais mèneront des opérations conjointes avec les FARDC dans le cadre des accords de coopération sécuritaire entre la RDC et l’Ouganda pour combattre les ADF.
Cette annonce a été accueillie favorablement par une partie de la population, qui garde de bons souvenirs des précédentes interventions de l’UPDF dans la zone.
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S’exprimant sur la coopération avec la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), le général Mandefu a rappelé que sa présence relève d’accords entre l’État congolais et les Nations unies.
« Les FARDC continueront à travailler avec la brigade d’intervention de la MONUSCO. Il faut capitaliser les forces de chaque partenaire. Les divergences ne ramènent pas la paix », a-t-il déclaré.
Concernant les groupes armés se réclamant des Wazalendo, le général a annoncé un ultimatum de 72 heures, ordonnant leur neutralisation au même titre que les ADF.
Pour faciliter les opérations militaires, la population a été appelée à quitter temporairement les champs situés à l’est de Biakato afin de permettre à l’armée de mener des frappes ciblées.
Le commandant du secteur a également appelé la population à dénoncer toute personne collaborant avec les groupes armés.
Il a enfin promis un renforcement en effectifs militaires et en logistique pour traquer les ennemis de la paix dans cette partie de l’Ituri.
De son côté, la société civile a présenté un mémorandum dénonçant certains officiers accusés de négligence, d’affairisme et de violations des droits humains. Elle demande notamment l’installation des FARDC à Mikingi et Sitarudi ainsi que la protection des leaders communautaires menacés.
Esdras Kaghoma

