Au moins 72 personnes ont été tuées et 64 autres enlevées dans 14 attaques contre des civils attribuées aux ADF au cours du mois d’août 2026, selon un récent rapport rendu public le 17 septembre par le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet d’Ebuteli. La quasi-totalité de ces attaques ont été enregistrées dans le territoire de Mambasa, en Ituri.
Dans son rapport consacré à la situation sécuritaire du mois d’août, le KST indique n’avoir documenté qu’un seul affrontement impliquant les combattants ADF durant la période. Celui-ci a eu lieu le 31 août à Bandikafu, dans le territoire d’Irumu.
À Mambasa, plusieurs villages du secteur de Babila-Babombi ont été ciblés par des incursions successives, précise le rapport.
Le 20 août, cinq personnes ont été tuées et huit autres enlevées dans le village agricole de Ngumbari, dans le groupement de Teturi, selon le rapport. Le 28 août, sept civils ont été tués et 20 maisons incendiées à Mabakuwa.
Le lendemain, les ADF ont de nouveau investi le village d’Amani, où 13 personnes ont été tuées et plusieurs habitations incendiées, avant le retrait des assaillants.
A lire aussi : Beni : Mununze rend hommage aux 15 victimes des attaques ADF en juillet
Les enlèvements ont également concerné plusieurs localités de la même zone.
Le 16 août, au moins 50 personnes ont été enlevées alors qu’elles se trouvaient dans différents champs à Bandisende, dans le groupement de Babombi. Le KST précise que leur sort demeurait inconnu au moment de la rédaction du rapport.
En outre, quatre civils ont été enlevés le 20 août à Ngolo, dans le groupement de Teturi. Le lendemain, huit autres personnes, dont trois femmes, ont été emmenées par les ADF à Ngumbari.
En revanche, les opérations conjointes Shujaa des FARDC et de l’armée ougandaise (UPDF) contre les ADF n’avaient toujours pas repris en août.
Selon le KST, cette situation s’explique notamment par la dispersion des ADF, leur capacité d’adaptation et les divergences de priorités entre les deux armées. Le rapport évoque également la réorganisation du commandement militaire décidée en juin, qui pourrait avoir relégué la lutte contre les ADF au second plan face à la priorité accordée au M23.
William Afoyogira

