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    À Bunia, pendant deux jours, une dynamique particulière s’est installée autour d’un objectif commun : renforcer le rôle des jeunes femmes dans la construction de la paix. Organisée par le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), cette formation des formatrices, clôturée ce 15 avril, a réuni 25 jeunes filles venues de différentes structures de Bunia et de l’intérieur de la province de l’Ituri.

    Financé par Global Affairs Canada, à travers son Programme de paix et de stabilisation, cet atelier s’inscrit dans le cadre du renforcement du leadership local autour des agendas Femmes, Paix et Sécurité (WPS) et Jeunes, Paix et Sécurité (YPS), dans un contexte marqué par les conflits et les réalités du post-conflit.

    Un moment de recueillement avant l’apprentissage

    Avant même le début des travaux, un moment chargé d’émotion a marqué les participantes. Sarafina Muderwa a procédé à la signature du registre de condoléances en hommage à Maria Victoria (Mavic) Cabrera-Balleza, figure emblématique et pionnière des agendas paix et sécurité au sein du GNWP. Un geste symbolique qui a rappelé l’héritage et la responsabilité à poursuivre.

    Des modules adaptés aux réalités du terrain

    La formation s’est articulée autour de deux grands modules. Le premier a porté sur le renforcement des capacités autour du nexus Jeunesse, Paix et Sécurité et Femmes, Paix et Sécurité, avec une mise en contexte spécifique à la RDC et à l’Ituri. Le second module a abordé des outils pratiques : médiation, négociation, cohésion sociale, plaidoyer et communication non violente.

    Parmi les temps forts, une session de détraumatisation, facilitée par Erasme et Esther Atosha, a permis aux participantes de mieux comprendre les effets du stress et des traumatismes liés aux violences, mais aussi d’apprendre à y faire face. Parmi les facilitateurs Fabrice Tibasima.

    Les jeunes femmes, au cœur des solutions

    Au-delà des contenus théoriques, l’atelier a donné une large place à l’expression des participantes. À travers des travaux de groupe, elles ont identifié les obstacles à leur participation dans les processus de paix et proposé des solutions concrètes et innovantes.

    Une conviction s’est dégagée avec force : être une jeune femme en zone de conflit ne se résume pas à une situation de vulnérabilité. C’est aussi porter une vision, une capacité d’analyse et un rôle actif dans la transformation des communautés.

    « Les jeunes filles ont un grand rôle à jouer, d’autant plus qu’elles sont à la fois victimes et actrices », a expliqué une participante, soulignant leur implication dans la formation, la sensibilisation et la médiation.

    Des compétences pour agir concrètement

    Les participantes ont également été initiées à des outils d’intelligence stratégique et d’ingénierie de projets. L’objectif : leur permettre de concevoir et porter des initiatives communautaires en faveur de la paix.

    Des exercices pratiques ont donné lieu à l’élaboration de mini-projets, centrés sur la cohésion sociale, la cohabitation pacifique et le plaidoyer. Une approche concrète qui vise à transformer les connaissances acquises en actions sur le terrain.

    Des engagements forts pour l’avenir

    Au moment de la clôture, les engagements pris par les participantes ont donné toute sa portée à cette formation.

    « La formation a été très indispensable pour notre renforcement de capacités. Je m’engage à ne pas propager de fausses informations et à être une médiatrice de proximité », a déclaré l’une d’elles.

    Une autre a insisté sur la responsabilité des jeunes femmes :

    « Être femme n’est pas une faiblesse. C’est la capacité de se relever et de se battre pour sa communauté et son pays. »

    Certaines ont également pris l’engagement de promouvoir la paix au quotidien, en rejetant la violence, la haine et l’injustice, et en privilégiant le pardon et la patience.

    Un pas important, mais un long chemin à parcourir

    Pour Sarafina Muderwa, point focal du programme Young Women Leaders ( jeunes femmes leaders ) en Ituri, cette formation répond à une nécessité : renforcer les capacités des jeunes femmes pour qu’elles puissent véritablement participer aux processus de paix.

    « La fille ne peut être impliquée sans être renforcée en capacité », a-t-elle souligné, tout en exprimant l’espoir de voir ces participantes devenir de véritables relais dans leurs comcommunautés.

    Un constat partagé par Esther Atosha, représentante du programme jeunes femmes leaders de l’organisation GNWP qui reconnaît que la présence des jeunes femmes dans les instances décisionnelles locales reste encore limitée.

    Malgré ces défis, l’atelier de Bunia aura permis de poser des bases solides. Pendant deux jours (du 14 au 15 avril 2026) ces jeunes femmes ont appris, partagé, questionné… mais surtout, elles ont choisi de s’engager.

     

    Verite Johnson

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