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    Alors que les rumeurs de désertification et d’insécurité planent sur Tchabi et Boga, deux localités du sud d’Irumu, deux journalistes communautaires de Bunia ont découvert une tout autre réalité sur le terrain.

    Grâce à un appui logistique de la MONUSCO, ils ont séjourné trois jours dans la région pour confronter les faits à la désinformation ambiante. Verdict : les habitants y vivent, cultivent, et saluent la présence de la MONUSCO, souvent injustement critiquée.

    Pour Constant Same Bagalwa, rédacteur en chef de la radio communautaire Les Rebatisseurs, la surprise a été de taille.

    « Nous avons entendu que tout le monde avait fui Tchabi, qu’il n’y avait plus de vie à cause des ADF. Mais une fois sur le terrain, c’est tout le contraire. Les champs sont cultivés, les écoles tournent, les gens sont présents », confie-t-il après trois jours passés dans la zone.

    Accompagné de Jean-Christian Bafwa, journaliste à la radio Candip, il a visité les localités de Tchabi et Boga du 24 au 26 septembre 2025. Un périple de près de 160 km au sud de Bunia, dans une région encore marquée par l’ombre des rebelles ADF, mais où la vie continue, loin des caricatures diffusées à distance.

    Un accès difficile, un isolement propice aux rumeurs

    Partis à l’aube de Bunia, les deux journalistes sont arrivés à Tchabi… douze heures plus tard. Une route en très mauvais état, une connectivité téléphonique quasi inexistante, une insécurité récurrente : autant de facteurs qui rendent la zone difficile d’accès pour les médias.

    « Bunia n’est pas toute l’Ituri. Dans l’intérieur de la province, il y a des faits que nous ne savons pas recouper, faute de moyens, de réseau, ou de présence physique », explique Jean-Christian Bafwa.

    Ce manque d’accès ouvre la voie à une désinformation persistante, souvent alimentée par des groupes WhatsApp ou certains réseaux sociaux.

    Témoignages sur place : « La MONUSCO est notre refuge »

    Au cours de leur mission, les deux journalistes ont recueilli des témoignages directs  auprès de la population, notamment des femmes, des jeunes et des membres de la communauté pygmée et Banyabwisha.

    « Quand on entend les tirs ou qu’on sent le danger, on court à la base de la MONUSCO », raconte une habitante de Boga. « Ils viennent rapidement en patrouille, et la zone se calme. »

    Des propos qui contrastent fortement avec certaines critiques fréquentes sur l’inaction de la mission onusienne.

    Pour Constant Same, cette expérience est une leçon de journalisme : « Il faut aller sur place. Si le journaliste n’est pas informé lui-même, il risque de dire n’importe quoi à la radio. Grâce à cette immersion, nous avons vu, entendu, et compris. »

    Il appelle à étendre cette initiative à d’autres journalistes des médias communautaires, souvent les seuls à pouvoir relayer les réalités locales dans les langues et formats accessibles aux communautés.

    « Il faut que d’autres confrères puissent aussi aller à Djugu, Mahagi, Aru… Partout où les gens parlent sans avoir vu. »

    Avec Pio Monusco Bunia

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