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    Dans la chefferie de Walendu Bindi, territoire d’Irumu, l’eau est devenue un véritable luxe. Depuis plusieurs semaines, près d’une vingtaine de villages du groupement Bukiringi n’ont plus accès à l’eau potable. Une situation qui inquiète et qui commence à peser lourdement sur la santé des habitants.

    L’alerte a été lancée ce 10 août 2026 par la société civile locale. Selon elle, l’abandon des points d’eau et l’absence d’ouvrages fonctionnels ont plongé toute la zone dans une précarité hydrique. Les familles parcourent désormais plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau.

    Conséquence directe : les maladies d’origine hydrique se multiplient. Diarrhées, fièvres typhoïdes et autres infections sont de plus en plus signalées, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Les centres de santé de la zone sont également confrontés à des difficultés pour faire face à cette situation.

    Hatari Muno, répondant de la société civile à Bukiringi, dresse un tableau sombre. Pour lui, l’urgence est d’abord sanitaire. Il estime que la mauvaise qualité de l’eau constitue aujourd’hui un important facteur de contamination dans les ménages.

    « L’abondance de plusieurs maladies d’origine hydrique notamment la diarrhée est due au manque d’eau potable. Si rien n’est fait, nous allons enregistrer des cas de décès dans un avenir proche », alerte-t-il.

    Le constat est également partagé par les chefs de villages. Dans plusieurs localités, les femmes puisent de l’eau dans des sources non aménagées, des marigots ou encore des rivières utilisées par les animaux. Le risque de contamination reste donc permanent.

    La société civile pointe également du doigt les pouvoirs publics et les partenaires. Selon elle, plusieurs projets de forage et de réhabilitation de sources ont été annoncés au fil des années, mais n’ont jamais été concrétisés sur le terrain, hormis certaines anciennes interventions de l’organisation Teafund.

    Face à cette situation, Hatari Muno lance un appel pressant. Il estime qu’une intervention rapide du gouvernement et des organisations humanitaires est nécessaire pour éviter une aggravation de la situation. Des forages d’urgence, des kits de purification d’eau ainsi que des actions de sensibilisation sont notamment réclamés.

    « Nous demandons au gouvernement et à ses partenaires humanitaires d’intervenir rapidement. La vie des habitants de Bukiringi est en danger », insiste le répondant de la société civile.

    Le groupement Bukiringi n’est pourtant pas une zone enclavée. Situé sur des axes reliant plusieurs villages de Walendu Bindi, il abrite aujourd’hui une population confrontée à un manque qui touche à l’un des besoins les plus essentiels : l’accès à l’eau potable.

    Les écoles et les centres de santé figurent parmi les structures les plus touchées. Sans eau potable, il devient difficile de respecter les règles d’hygiène. Dans certains cas, des malades quittent même les structures sanitaires en raison des conditions jugées difficiles.

    Pour l’instant, les habitants s’organisent comme ils peuvent. Mais la patience commence à s’épuiser. La société civile promet de revenir à la charge si aucune réponse concrète n’est apportée dans les prochains jours.

    Nickson Manzekele, à Bukiringi

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