Face à la montée de l’insécurité dans la région, la Radio Simba Ariwara, située dans le territoire d’Aru au nord de l’Ituri, a officiellement décidé de limiter ses heures de diffusion.
D’après un communiqué de la direction des programmes, dont Buniactualite.cd détient une copie, la station n’émet désormais que de 05h00 à 19h30.
» Cette mesure vise principalement à protéger les personnels techniques et les journalistes, dont les déplacements nocturnes devenaient trop risqués dans le contexte actuel » a communiqué monsieur Robert Dravile Lebhua.
Cette réduction du temps d’antenne prive toutefois une partie de la population d’Ariwara d’un accès à une source d’information essentielle durant les heures de la soirée.
» Toutes les émissions de la soirée sont suspendues jusqu’à un bon rétablissement de la sécurité et la reprise normal des activités. On a plus de courant, les stations de carburant ont fermé leurs portes puis avec le prix de carburant des revendeurs sui est de 4.5 dollars par litre, on ne saura plus servire nos auditeurs comme d’habitude... » a-t-il fait savoir.
La situation sécuritaire à Ariwara, centre commercial névralgique du territoire d’Aru, suscite de vives inquiétudes au sein de la corporation médiatique. Etsoni Ondoa Isaac, président de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), sous-section d’Aru, a officiellement interpellé les autorités compétentes afin d’assurer la protection des organes de presse et des professionnels des médias.
» Cette démarche fait suite à une recrudescence d’incidents visant directement les journalistes des éditions vespérales et le climat de travail général en territoire d’Aru. L’UNPC dénonce les menaces et pressions qui restreignent l’espace d’expression dans une région déjà sous pression sécuritaire » a fait entendre monsieur Etsoni Ondoa Isaac.
Le président de l’UNPC sous-section Aru appelle également les autorités sécuritaires à garantir la sécurité des rédactions et du personnel œuvrant dans le secteur de l’information à travers le territoire d’Aru, afin de prévenir toute agression dans l’exercice de leurs fonctions.
» le service de sécurité doit mener des enquêtes rigoureuses pour que les auteurs d’actes de violence contre la population d’Aru et les professionnels des médias soient traduits en justice et que l’impunité cesse. Renforcer le dialogue entre les forces de l’ordre et les médias pour favoriser un climat de paix et de cohésion sociale, essentiel au bon fonctionnement des radios locales » a-t-il souligné.
En octobre 2025, un journaliste et animateur de la Radio Simba avait été enlevé dans son studio avant d’être violemment passé à tabac en plein centre commercial d’Aru.
À lire aussi : Ituri : pour Jérémie Bahati, la sécurité des journalistes doit demeurer « une priorité »
Plusieurs autres cas ont été documentés à Ariwara, notamment des découvertes de corps sans vie ainsi que des actes de justice populaire, créant un environnement de travail particulièrement hostile pour les organes de presse.
Rédaction

