Assassiné dans la nuit du 28 au 29 décembre 2025, le journaliste, photographe et caméraman Thierry Banga Lole a été inhumé ce lundi 05 janvier 2026 en province de l’Ituri. Lors de la cérémonie des derniers hommages, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC/Ituri) a rappelé que le « journalisme n’est pas un crime, mais un pilier essentiel de la vérité ». Bien plus qu’une profession, il s’agit d’un « choix de conviction et de responsabilité ».
Représentant la présidente de l’UNPC, Christine Abeditho, en mission, la chargée des finances a été ferme : « La peur ne peut pas faire taire la vérité ». Elle a appelé les journalistes à demeurer des acteurs essentiels de la vérité, de la paix et de la cohésion sociale, dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et sociaux.
Dans son allocution, Sylvie Benitha Musoki a invité les autorités à assurer la protection des journalistes et à reconnaître leur rôle dans la consolidation de la cohésion sociale. Selon elle, sans une information libre et indépendante, la paix reste un horizon incertain en Ituri.
Pour Freddy Upar, point focal de l’organisation Journalistes en danger (JED) en Ituri, Thierry Banga Lole incarnait le courage face à l’adversité
« Son regard perçant ne laissait rien passer, mais son cœur était toujours du côté des plus faibles et des plus vulnérables. Son absence laisse un vide immense, mais son héritage « ses mots, ses enquêtes, son engagement pour le travail bien fait » vivra à jamais dans nos cœurs. »
La société civile encore interpellatrice
La société civile, à travers sa coordination provinciale de l’Ituri, a également salué la mémoire du talentueux journaliste photographe assassiné. Son coordonnateur, Dieudonné Lossa, a mis l’accent sur le sang des fils et filles de l’Ituri qui continue de couler, tout en se disant confiant que ces crimes ne resteront pas impunis.
« La société civile forces vives de l’Ituri est profondément touchée par la mort de Lole, assassiné le 29 décembre 2025. Elle condamne cet assassinat crapuleux. Nous saluons le début des enquêtes ayant permis l’arrestation de deux présumés auteurs, tandis que d’autres sont encore en fuite. C’est une grande perte et une violation du droit international humanitaire. Nous rappelons à l’état de siège son devoir de protéger la population et ses biens. Le défi reste immense, car nous sommes fatigués de voir se multiplier les assassinats », a déclaré Dieudonné Lossa.
De l’absence des autorités
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De la cérémonie jusqu’au cimetière, buniaactualite.cd a constaté l’absence des autorités politico-administratives, alors que Thierry Banga Lole était pourtant un fonctionnaire de l’État congolais.
Le journaliste repose désormais au cimetière dénommé « Pumziko », appartenant à l’ancienne maire adjointe sous le régime civil. Ce cimetière est situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Bunia, dans la chefferie de Bahema d’Irumu, précisément au groupement Tsere.
Pour rappel, l’armée a annoncé l’arrestation de deux présumés auteurs de l’assassinat de Thierry Banga Lole, tandis que le chef de bande demeure en fuite, selon la même source.
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