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    Une vue du site des déplacés Bulengo à Goma à lEst de la RépubliqueDémocratiqueduCongo.
    P© Bienvenu Kasima Février 2024

    Impossible de vivre en paix pour les déplacés de guerre. Depuis près de trois ans, le Rwanda mène une guerre d’agression contre la République démocratique du Congo, sous le label du mouvement terroriste du M23, selon Kinshasa et plusieurs rapports de Groupes d’experts de Nations unies. La célèbre communauté internationale pousse les autorités congolaises au dialogue, position toujours rejetée par le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi.

    Derrière ce refus, des morts se comptent en milliers et les déplacés de guerre, ne sont pas épargnés. Ce vendredi 03 Mai a été sombre pour ceux qui se sont réfugiés à l’église CEPAC Mugunga, se trouvant dans le quartier Lac vert dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. Ce matin, des bombes larguées à l’aveuglette par les terroristes du M23/RDF, ont fait des victimes et pour la plupart, ce sont des enfants innocents, qui ont perdu la vie dans cette attaque meurtrière.

    Si les premières sources faisaient mention d’au moins dix morts et plus de vingt blessés, le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Ndjike Kaiko Guillaume divise le nombre en deux, et parle de cinq, tous des enfants qui jouaient dans la cour de leur réfuge.

    Les M23/RDF viennent de cibler le camp des déplacés de Mugunga, qui est un objectif civil, causant ainsi la mort de 5 personnes, en particulier les enfants, qui jouaient dans la cour“, a indiqué le lieutenant-colonel Ndjike Kaiko. Pour cet officier, cet acte barbare de “l’ennemi” fait suite à des offensives menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo contre leurs positions dans la profondeur de la cité stratégique de Sake, lesquelles ont permis de détruire des munitions et des dépôts d’armements de l’armée rwandaise et leurs supplétifs.

    Dans une vidéo postée sur son compte X (Twitter), Madame Julienne Lusenge, présidente des Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC) et Présidente du conseil d’admnistration de la Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (Sofepadi) pense qu’il est venu le temps d’agir, après qu’une femme est morte avec son enfant au dos.

    Fuir la guerre pour mourrir dans la zone d’accueil, c’est tout simplement horrible ! Voir une mère décédée avec son enfant au dos est déchirant. Prions pour leurs âmes. Il est temps d’agir contre les causes profondes de ces crises“. Les causes profondes, ce terme est souvent employé par le Rwanda et ses supplétifs pour justifier la guerre d’agression qu’il mène contre la République démocratique du Congo. En réalité, cette guerre revêt un visage pleinement économique, des matières premières sont quotidiennement volées et transitent par le Rwanda, qui demeure un allié incontournable de l’Occident.

    La situation est restée tendue dans la partie Ouest de la ville de Goma. Les déplacés et d’autres habitants en colère, ont barricadé des routes, anéantissant des activités dans la zone. Le calme est revenu sur le lieu, après des interventions de la Police Nationale Congolaise et des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo.

    Goma n’est plus un refuge consolateur

    Il y a quelques mois, la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu était épargnée de ces affres de guerre. Depuis un moment, le chef-lieu de la province n’est pas à l’abri. Des bombes tombent en cascade dans la partie Ouest de la ville de Goma, faisant chaque fois des morts.

    La plupart du temps, ce sont les déplacés hébergés dans des camps et sites placés dans les environs de la capitale provinciale, sont chaque fois ciblés par des bombes larguées souvent à l’aveuglette par les terroristes du M23/RDF, si l’on en croit les propos des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, quelques heures après que des bombes tombent dans certains coins.

    Goma n’est plus un refuge consolateur pour les déplacés. Même dans leur fuite, les bombes les rencontrent et causent des dégâts énormes dont des pertes en vie humains, sans parler des dégâts matériels et d’autres conséquences néfastes.

    Depuis des mois, la Mission de la Communauté de dévéloppement de l’Afrique australe (Samidrc) a été déployée en remplacement de la Force régionale de l’East african community (EAC-RF), jugée incapable de taire les armes et defaire le M23 et pire, de complicité avec les supplétifs de l’armée rwandaise.

    Cette «nouvelle» force a une mission “offensive”. Depuis sa venue en décembre 2023, la Samidrc a déjà perdu six hommes, en raison de trois pour les troupes Sud-africaines et de même pour l’armée tanzanienne. Ces offensives semblent traînées le pas et les morts ne cessent de s’enregistrer, sans parler des entités qui tombent entre les mains des Forces de défense du Rwanda (RDF), la plus récente, c’est la cité minière de Rubaya qui est passée sous contrôle des terroristes du M23.

    Guerschom Mohammed depuis Goma

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