Une première guérison d’un malade atteint de la maladie à virus Ebola vient redonner de l’espoir aux équipes de riposte et à la population de l’Ituri. En mission à Bunia, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, s’est réjoui de cette évolution qu’il qualifie d’encourageante dans la lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.
« Je suis plus heureux de venir au lendemain de la guérison d’un premier malade d’Ebola », a déclaré le ministre devant la presse le 28 mai 2026.
Selon lui, la personne guérie est une femme travaillant dans un laboratoire, contaminée au cours de cette flambée épidémique. Après plusieurs jours de prise en charge médicale, les résultats des examens ont confirmé sa guérison.
« C’est une dame qui travaille au laboratoire qui a été contaminée. Maintenant elle est complètement guérie. Deux tests de contrôle ont été négatifs. C’est vraiment une joie », a expliqué Roger Kamba.
Face aux nombreuses réactions suscitées par cette annonce, certains parlant déjà d’un miracle, le ministre de la Santé a voulu clarifier les choses. Pour lui, cette guérison prouve surtout l’importance d’une prise en charge rapide dans les structures sanitaires.
« Non, ce n’est pas un miracle. Depuis le début, on a dit de venir à l’hôpital, on va vous soigner. Si nous intervenons, vous avez la chance de guérir », a-t-il insisté.
Le ministre rappelle toutefois que l’épidémie reste préoccupante. Il évoque un taux de mortalité de 30 %, tout en soulignant que des traitements existent pour améliorer les chances de survie des patients.
Concernant la souche Bundibugyo actuellement en circulation, Roger Kamba reconnaît l’absence d’anticorps monoclonaux spécifiquement connus jusqu’ici.
« Pour Bundibugyo, nous n’avons pas d’anticorps monoclonal connu », a-t-il indiqué.
Cependant, les autorités sanitaires congolaises suivent avec attention les avancées scientifiques récentes. Le ministre affirme qu’un anticorps monoclonal capable d’agir contre les trois principales souches d’Ebola Zaïre, Soudan et Bundibugyo suscite désormais de l’espoir.
« Nous avons appris avec plaisir qu’il y a un anticorps monoclonal pour les trois couches : Zaïre, Soudan et Bundibugyo. Nous sommes en procédure d’acquisition (avec les USA) de ces médicaments pour soigner les malades », a annoncé le ministre.
En attendant l’acquisition de ces traitements, la RDC continue d’utiliser des antiviraux généraux dans la prise en charge des patients infectés.
« À côté de ça, nous avons les médicaments contre le virus en général : les antiviraux », a précisé Roger Kamba.
Le gouvernement congolais a également reçu un appui du gouvernement égyptien dans le cadre de cette riposte sanitaire.
« Nous avons reçu ce 27 mai 2026 un don du gouvernement égyptien de ces médicaments qui coûtent cher », a fait savoir le ministre.
Malgré cette première guérison enregistrée, le bilan reste lourd parmi les agents de santé mobilisés sur le terrain. Depuis le début de l’épidémie, six membres du personnel soignant ont perdu la vie.
Malgré les difficultés, les autorités sanitaires veulent maintenir un message d’espoir et encourager les communautés à consulter rapidement les structures médicales en cas de symptômes suspects.
« À partir de la semaine prochaine, il y aura de plus en plus de personnes guéries », assure Roger Kamba.
Cette première guérison apparaît ainsi comme un signal encourageant pour les équipes de riposte, dans une province où la lutte contre Ebola reste un défi majeur.
Verite Johnson

