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    Face aux plaintes récurrentes des exportateurs de café et de cacao concernant les taxes illégales, les contrôles non réglementaires et la contrebande, une réunion s’est tenue le 15 avril 2026 à Bunia. L’activité a réuni les autorités provinciales, l’Association des exportateurs de cacao, café et autres produits agricoles en RDC (ASSECCAF), des opérateurs économiques et plusieurs services étatiques.

    Selon les témoignages recueillis auprès des exportateurs, des agents non habilités prélèvent des taxes sans fondement légal aux postes frontières. Ces pratiques entraînent des retards dans l’acheminement des conteneurs, des pertes financières pour les opérateurs et une baisse des recettes provinciales.

    Les participants à la réunion ont également pointé du doigt la contrebande. Une partie de la production de café et de cacao quitterait le pays sans traçabilité officielle, privant ainsi l’État et les producteurs locaux de retombées économiques.

    L’une des annonces majeures de la rencontre est la création prochaine d’une « ligne verte », mécanisme inspiré du secteur pétrolier. Selon Dieudonné Omasombo, directeur de cabinet adjoint du gouverneur de province, ce dispositif permettrait à tout exportateur confronté à une taxe non répertoriée de contacter directement le groupe provincial pour obtenir un déblocage rapide de sa situation.

    « Même le président de la République en a parlé lors de la conférence des gouverneurs », a déclaré Omasombo, affirmant que les services non autorisés à demeurer aux frontières devront être dégagés. Ces propos n’ont pu être vérifiés indépendamment auprès de la présidence.

    Une mesure concrète a été actée : chaque service public devra fournir, d’ici la prochaine réunion, une liste exhaustive des documents requis pour l’exportation du café. L’ASSECCAF espère ainsi mettre fin aux exigences arbitraires.

    Par ailleurs, Omasombo a plaidé pour la construction d’usines de transformation en Afrique. « L’État crée l’environnement, mais ce sont les commerçants et opérateurs économiques qui doivent créer ces infrastructures », a-t-il affirmé. Cet appel n’a pas reçu, à ce stade, de réponse officielle de la part de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ni des banques associées à la réflexion.

    Dans une interview accordée à Buniaactualite.cd Muhongya Augustin, secrétaire permanent de l’ASSECCAF, a souligné la nécessité d’améliorer la sécurité dans les zones de production et de lutter plus efficacement contre la fraude. L’objectif affiché est de permettre à la province et à l’État de mieux bénéficier de ces filières agricoles.

    Alors que les prix mondiaux du cacao sont en baisse, Muhongya a encouragé les producteurs à ne pas se décourager et à investir dans une agriculture accessible au plus grand nombre. Cet appel relève d’une prise de position personnelle, et non d’une mesure officielle adoptée par la réunion.

    Selon le directeur de cabinet adjoint, la prochaine réunion, prévue fin mai, devra être « très pragmatique » et s’appuyer sur des cas concrets d’exportateurs. Ces affirmations n’ont pas été corroborées par d’autres sources présentes à la rencontre.

    Grâce Kasemire

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