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    Les députés nationaux élus du Sud-Kivu ont condamné, mardi 20 octobre 2026, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila Kabange. Ils redoutent une nouvelle aggravation de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo et appellent à privilégier les initiatives diplomatiques plutôt que le recours aux armes.

    Cette position a été exprimée dans une déclaration politique lue par Prince Cokola Kantitima, président du caucus des députés nationaux du Sud-Kivu.

    Les élus considèrent que l’émergence de cette coalition, qui succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), pourrait compromettre les efforts engagés pour restaurer la paix dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    Ils dénoncent particulièrement l’implication de Joseph Kabila dans une nouvelle structure politico-militaire, estimant que cette orientation contraste avec les positions qu’il avait auparavant défendues concernant la souveraineté nationale et les interventions du Rwanda dans l’Est congolais.

    Pour justifier leur opposition, les parlementaires invoquent l’article 64 de la Constitution, qui prévoit notamment le devoir de faire échec à toute prise ou tout exercice du pouvoir par la force, en violation de l’ordre constitutionnel.

    Cette disposition constitutionnelle se retrouve également au cœur de l’argumentaire du FRN, dont les initiateurs s’en réclament pour justifier leur contestation du pouvoir de Félix Tshisekedi. Les deux camps en proposent ainsi des lectures opposées.

    La nouvelle coalition a été annoncée le 12 octobre 2026 à Goma, avec Joseph Kabila à sa tête et plusieurs dirigeants de l’ancienne AFC/M23 parmi ses responsables.

    Comme l’avait rapporté Buniaactualite.cd le 13 octobre, le mouvement affirme vouloir obtenir un changement de pouvoir à Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ».

    La déclaration du caucus du Sud-Kivu s’ajoute à une série de réactions politiques suscitées par cette annonce.

    Le 14 octobre, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, avait publiquement réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi et appelé à écarter la rébellion comme moyen d’accession au pouvoir.

    « Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir », avait-il déclaré dans une intervention relayée par notre rédaction.

    Trois jours plus tard, les députés nationaux élus du Nord-Kivu avaient également condamné la création du FRN, dans une déclaration lue par le président de leur caucus, Jacques Safari Nganizi. Ils avaient exprimé des inquiétudes similaires concernant la stabilité de l’Est du pays et les perspectives de règlement du conflit.

    A lire aussi : RDC : sans citer Joseph Kabila et le FRN, l’Union africaine condamne le principe de la prise du pouvoir par les armes

    Les prises de position contre cette coalition ne font cependant pas disparaître les divergences sur la réponse à lui apporter.

    Dans un article publié le 18 octobre, Buniaactualite.cd avait notamment rapporté les critiques de Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), à l’égard des responsables politiques multipliant les déclarations contre Joseph Kabila.

    « Arrêtez vos discours sans action concrète », avait-il lancé, appelant à dépasser les condamnations verbales pour réfléchir à des initiatives de mobilisation des populations.

    De son côté, le caucus du Sud-Kivu insiste sur la nécessité de soutenir les démarches diplomatiques engagées, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que la perspective d’un dialogue politique national inclusif.

    Les députés rappellent également la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en février 2025, qui exige notamment la cessation des hostilités du M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.

    Pour les élus du Sud-Kivu, les initiatives politiques et diplomatiques doivent également apporter des réponses aux souffrances des populations affectées par la guerre.

    Ils évoquent particulièrement les déplacements forcés, les pertes humaines et matérielles ainsi que la détérioration des conditions de vie de nombreuses familles dans leur province.

    Le caucus demande que les efforts de pacification s’accompagnent d’une attention soutenue aux besoins humanitaires et à la protection des civils.

    Dans sa déclaration, il réaffirme par ailleurs son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son attachement à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale et à l’unité de la République démocratique du Congo.

    Les parlementaires concluent leur prise de position par la formule swahilie « Umoja ni nguvu », qui signifie « L’unité fait la force ».

    Alors que les réactions se multiplient depuis l’annonce du FRN, les discussions portent désormais autant sur les risques d’une nouvelle escalade militaire que sur les moyens politiques et diplomatiques susceptibles de mettre fin aux violences.

    Rédaction

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