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    Depuis la déclaration de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en RDC, le 15 mai 2026, la province de l’Ituri vit au rythme des mesures de prévention. Dans les marchés, les écoles, les administrations et désormais dans les lieux de culte, les habitudes changent progressivement pour tenter de limiter la propagation du virus.

    À Bunia, les responsables religieux ont choisi d’intégrer les gestes barrières dans leur quotidien. Lavage systématique des mains, désinfection à l’entrée des temples, distanciation physique pendant les cultes et limitation des contacts : les églises multiplient les initiatives pour protéger les fidèles tout en maintenant les activités spirituelles.

    Récit de Verite Johnson

    Ce dimanche 31 mai, dès les premières heures de la matinée, le changement saute aux yeux devant plusieurs églises de Bunia.

    À l’entrée de chaque enceinte ou presque, des kits de lavage des mains sont installés. À côté, des membres du service d’accueil veillent discrètement au respect des consignes sanitaires. Chaque fidèle est invité à se laver les mains ou à les désinfecter avant d’accéder au lieu de culte.

    À l’église La Compassion, une jeune femme est postée à la porte. Les poignées de main qui accompagnaient habituellement l’accueil des fidèles ont disparu. Dans sa main, une bouteille de désinfectant. Un geste devenu automatique : asperger les mains de chaque personne qui franchit la clôture de l’église.

    La même scène se répète à l’église MCFA et dans plusieurs autres communautés visitées.

    Pour le pasteur Denis Dalanga, représentant légal du Ministère Chrétien des Familles Associées (MCFA), l’Église doit montrer l’exemple.

    « Merci à Dieu qui continue à nous protéger. Merci aussi aux autorités qui continuent à s’impliquer », déclare-t-il.

    Le responsable religieux estime que les croyants ne doivent pas opposer la foi aux mesures sanitaires.

    « Comme Église, nous avons un très bon exemple. Jésus lui-même avait appliqué des mesures de précaution lorsque la lèpre était répandue en Israël. Nous encourageons les fidèles à respecter les mesures barrières. Chacun porte son désinfectant. Nous évitons les contacts physiques et les fidèles aussi doivent éviter de se toucher. »

    Selon lui, l’épidémie a également des conséquences psychologiques importantes.

    « Même des pasteurs sont traumatisés. Notre manière de prêcher change aussi. Nous exhortons le peuple à bien se protéger parce que l’épidémie n’est pas encore maîtrisée. »

    Autre conséquence visible : la baisse de la fréquentation des cultes. Les fidèles ne viennent plus comme avant , constate le pasteur.

    À quelques kilomètres de là, à l’Évangile de Gloire, Assemblée des Chrétiens, les chaises sont espacées afin de favoriser la distanciation physique. Ici aussi, les responsables religieux considèrent que la sensibilisation fait désormais partie de leur mission.

    « L’Église est aussi là pour aider sur les plans culturel, social et spirituel », explique le pasteur responsable, Marcellin Kondonga.

    Pour lui, les leaders religieux occupent une position stratégique dans la lutte contre Ebola.

    « Nous avons la responsabilité de sensibiliser nos fidèles. Ebola est une réalité. Moi-même, j’ai vu des personnes mourir de cette maladie. »

    Le pasteur reconnaît que l’épidémie a profondément modifié certaines pratiques religieuses.

    « Nous ne pouvons plus imposer les mains aux malades comme avant. Nous prions pour eux, mais sans contact physique. »

    La peur du virus continue également d’influencer la participation aux cultes.

    « Moi je n’ai pas peur parce que je respecte les mesures de prévention », témoigne une jeune femme au sortir d’une église à Bunia.

    Dans d’autres communautés, les adaptations vont encore plus loin. La CECA 20 francophone a décidé d’organiser ses cultes dans son chantier en construction, jugé plus spacieux que son temple habituel. L’objectif est simple : permettre aux fidèles de respecter plus facilement la distanciation physique.

    Au fil de la matinée, un autre constat attire l’attention. Dans plusieurs églises, des fidèles se lavent spontanément les mains en quittant le culte, sans qu’aucun responsable ne leur demande.

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    Une scène qui témoigne d’un changement progressif des comportements.

    Alors que la riposte contre Ebola se poursuit en Ituri, les églises apparaissent ainsi comme des relais importants de sensibilisation. Entre foi, prévention et responsabilité communautaire, elles tentent de convaincre que la protection de la vie passe aussi par le respect des mesures sanitaires.

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