Le député national Abdallah Pene Mbaka a dénoncé, lundi 12 octobre 2026, plusieurs dysfonctionnements dans l’administration de l’Ituri sous état de siège. Intervenant à l’Assemblée nationale, lors des débats sur la prorogation de cette mesure exceptionnelle, l’élu de Mambasa a notamment soulevé la question de l’absence d’un vice-gouverneur militaire dans la province.
Ancien gouverneur de l’Ituri, Abdallah Pene Mbaka estime que cette situation fragilise la continuité de l’administration provinciale, particulièrement lorsque le gouverneur militaire effectue des missions officielles en dehors de Bunia.
« L’Ituri ne voit pas son vice-gouverneur », a-t-il déploré devant ses collègues députés.
Pour l’élu, l’administration d’une province confrontée à plusieurs foyers d’insécurité ne devrait pas reposer essentiellement sur un gouverneur militaire, également chargé de superviser les questions sécuritaires.
Il plaide ainsi pour la désignation d’un vice-gouverneur et un renforcement du rôle des autorités civiles dans la gestion quotidienne des affaires publiques.
« Que les militaires fassent la guerre, que les civils gèrent la province », a-t-il déclaré, résumant sa position sur la répartition des responsabilités entre les structures militaires et civiles.
Des administrateurs de territoire également interpellés
Le député a aussi critiqué la durée de maintien en fonction de certains administrateurs de territoire depuis l’instauration de l’état de siège, en mai 2021.
Selon lui, l’absence de rotation régulière et d’évaluation des responsables territoriaux pourrait favoriser des pratiques de clientélisme et affaiblir l’efficacité administrative.
Il demande au gouvernement de procéder à une évaluation de ces responsables et d’envisager leur permutation afin de redynamiser les services territoriaux.
L’accès à la justice et les opérations conjointes en question
Abdallah Pene Mbaka a également attiré l’attention de l’Assemblée nationale sur les difficultés d’accès à la justice dans plusieurs territoires, notamment à Aru, Mahagi et Djugu.
Il déplore l’insuffisance de magistrats et les difficultés de fonctionnement des juridictions, une situation qui obligerait certains justiciables à parcourir de longues distances pour faire valoir leurs droits.
« Comment parler de restauration de l’autorité de l’État si on ne peut même pas juger un voleur de vache à Aru ? », s’est-il interrogé.
L’élu a appelé le ministère de la Justice à renforcer le déploiement des magistrats et à améliorer le fonctionnement des services judiciaires dans les territoires concernés.
Sur le plan sécuritaire, il a demandé davantage de transparence concernant les opérations conjointes Shujaa, menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) contre les Forces démocratiques alliées (ADF).
Tout en reconnaissant l’existence de cette coopération militaire, il s’interroge sur ses résultats au regard de la persistance des attaques dans les territoires de Mambasa et d’Irumu.
Le député souhaite que le gouvernement présente à l’Assemblée nationale un bilan détaillé des opérations, accompagné d’indicateurs permettant d’évaluer leur efficacité.
Un appel à renforcer l’assistance humanitaire
L’intervention d’Abdallah Pene Mbaka a également porté sur les conditions de vie des personnes déplacées par les conflits armés.
Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées par les populations déplacées à Rhoo, Djaiba et Nizi, dénonçant une assistance humanitaire qu’il juge insuffisante.
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Pour l’élu de Mambasa, les prorogations successives de l’état de siège devraient s’accompagner de mesures concrètes visant à améliorer la sécurité, la gouvernance et la prise en charge des populations affectées.
« Proroger l’état de siège sans corriger ces failles structurelles, c’est reconduire l’échec. Il faut des actes, pas seulement des prorogations », a-t-il insisté.
Instauré en mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, l’état de siège continue de susciter des débats sur son efficacité, sa gouvernance et les conditions de sa mise en œuvre.
À travers cette intervention, Abdallah Pene Mbaka appelle à une révision des pratiques administratives et sécuritaires afin que les prochaines prorogations soient accompagnées de résultats mesurables pour les populations.
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