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    Ces dernières semaines, la province de l’Ituri a reçu une série de visites de haut niveau qui donnent un nouvel élan au discours de soutien international. De Jean-Pierre Lacroix, venu début septembre rappeler l’engagement des Nations Unies pour la paix, à la cheffe adjointe de la MONUSCO, Vivian Van de Perre, qui a multiplié les déplacements sur le terrain, la présence étrangère est tangible et régulière. 

    Sur le terrain, la mission militaire et humanitaire de la MONUSCO a aussi renforcé ses actions : le commandant des forces est passé par Bunia pour coordonner la protection des civils et améliorer la coopération opérationnelle avec les FARDC, tandis que des porte-parole du Secrétariat et du bureau humanitaire, comme Bruno Lemarquis, ont multiplié les déclarations et missions en RDC (passant par l’Ituri) pour appuyer l’aide et la réponse humanitaire.

    Ces visites font écho aux efforts concrets déployés après des attaques meurtrières survenues ces derniers mois, notamment à Komanda, où la communauté internationale et les autorités locales ont redoublé d’actions pour protéger les populations.

    Lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, gouverneur militaire de l’Ituri, salue ces démonstrations d’intérêt et y voit la preuve que la province n’est plus oubliée. « Je crois que la communauté internationale, les Nations Unies comprennent vraiment ce que l’Ituri est en train de vivre. Et je suis sûr qu’ils ont placé la province de l’Ituri comme une priorité. C’est ainsi que vous voyez qu’ils arrivent ici. » 

    Des mots prononcés à Bunia à l’occasion de la visite de la cheffe adjointe de la MONUSCO le 24 septembre 2025.

    À lire aussi : Ituri : la cheffe adjointe de la MONUSCO en visite officielle à Bunia

    Dans les faits, les autorités provinciales sous l’égide de Luboya multiplient les initiatives pour capitaliser sur cet appui. Ces démarches montrent une volonté de lier action sécuritaire et réponses socio-économiques pour favoriser un retour progressif à la normalité.

    Sur le plan sécuritaire, Luboya a aussi lancé des programmes locaux comme la deuxième phase du programme ESPER visant à renforcer les capacités des forces et à améliorer la cohésion sociale.

    Toutefois, les besoins demeurent immenses : sécurité, soins, accès à l’eau et à l’éducation et la réussite dépendra de la capacité des autorités locales et internationales à traduire l’urgence politique en moyens durables.

    À Bunia, certains observent avec prudence ces développements : la présence des délégations étrangères rassure, mais beaucoup attendent des améliorations tangibles routes réparées, marchés sécurisés, réouverture des écoles, pour estimer que la paix est en marche.

    En filigrane, la fenêtre d’opportunité est claire : la répétition des visites de haut niveau crée une plateforme politique et financière que les autorités provinciales, sous la conduite de Luboya, cherchent à transformer en projets concrets. Reste à voir si cette dynamique se traduira par une stabilité durable pour les populations d’Ituri, ou si elle restera une succession d’engagements politiques ponctuels.

    Verite Johnson

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