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    À quelques jours du début des épreuves ordinaires de l’Examen d’État 2026, Boga se prépare à accueillir plusieurs centaines d’élèves en provenance des zones touchées par l’épidémie d’Ebola en Ituri. Si aucun cas n’est actuellement signalé dans cette partie du territoire d’Irumu, les autorités locales ont choisi d’anticiper les risques liés aux déplacements des candidats tout en veillant à préserver leur droit à l’éducation.

    Du 22 au 25 juin, plus de 2 000 finalistes sont attendus dans la sous-division Irumu 3, qui compte onze centres d’examen, dont huit situés à Boga. Une affluence inhabituelle qui place la localité au cœur d’un important dispositif de prévention sanitaire.

    Prévenir sans céder à la peur

    Dans les centres d’examen, les préparatifs sont déjà visibles. Des thermoflash ont été acquis pour contrôler la température des candidats avant leur accès aux salles, tandis que des dispositifs de lavage des mains ont été installés ou sont en cours d’installation.

    Pour les responsables éducatifs, l’objectif est clair : permettre aux élèves de composer dans des conditions sécurisées, sans compromettre les efforts de prévention engagés contre Ebola.

    La sous-division assure également disposer des kits nécessaires pour accompagner l’organisation des épreuves. Selon son responsable, les dispositions logistiques sont en cours afin que les centres de Boga soient opérationnels dès l’arrivée des candidats.

    Dans la communauté, plusieurs voix appellent toutefois à renforcer davantage les mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains et le contrôle systématique de la température des élèves et des visiteurs.

    Le défi de la stigmatisation

    Au-delà des préoccupations sanitaires, une autre inquiétude se fait entendre : celle du regard porté sur les élèves venant des zones affectées.

    Dans certains milieux, la peur de la maladie nourrit déjà des suspicions. Des habitants redoutent que tout candidat arrivant de Bunia, Mongbwalu ou d’autres localités touchées soit automatiquement perçu comme un cas à risque.

    Les responsables éducatifs reconnaissent que cette situation pourrait être difficile à gérer. Ils invitent néanmoins les parents et les communautés d’accueil à ne pas considérer ces élèves comme des cas contacts simplement en raison de leur provenance, tout en restant attentifs aux signes éventuels nécessitant une alerte sanitaire.

    Pour le député provincial Isaac Lebisabo, la réussite de cette période repose avant tout sur une coordination étroite entre les autorités sanitaires, les services de l’éducation et les autorités locales. Il estime que la sensibilisation des communautés demeure essentielle pour éviter la propagation des rumeurs et des comportements de rejet.

    L’élu appelle également au maintien d’un dispositif sanitaire permanent dans les sites concernés et encourage les familles, les enseignants, les leaders communautaires et religieux ainsi que les organisations de la société civile à promouvoir les valeurs de solidarité et de cohésion sociale.

    « Ces élèves ne sont pas responsables de la situation qu’ils traversent. Ils viennent simplement exercer leur droit à l’éducation et doivent être accueillis avec dignité », rappelle-t-il.

    À Boga, les initiatives de sensibilisation se multiplient. Les autorités coutumières, les jeunes et plusieurs partenaires locaux participent à la diffusion des messages de prévention.

    Selon Dieumerci Ngoga, président des jeunes de Bahema Boga, la localité reste épargnée par Ebola, mais la vigilance demeure de mise. Des mesures barrières ont été installées dans les centres concernés et des séances de sensibilisation sont organisées afin d’expliquer aux élèves les comportements à adopter face à la maladie.

    Entre prudence sanitaire et devoir de solidarité, Boga tente ainsi de trouver le juste équilibre. Dans cette localité qui s’apprête à accueillir un grand nombre de candidats venus parfois de zones durement touchées, l’enjeu est double : protéger la population sans exclure ceux qui viennent poursuivre leur parcours scolaire.

    À l’approche des examens, les autorités comme les habitants espèrent que la vigilance collective permettra aux épreuves de se dérouler dans le calme, la sécurité et le respect de chacun. C’est que rappelle un notable de la région au téléphone de buniaactualite.cd.

     

    Verite Johnson

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