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    La scène littéraire de l’Ituri s’enrichit d’une nouvelle plume. À Bunia, le journaliste et enseignant d’anglais Jordan Dhego fait une entrée remarquée avec un ouvrage au titre aussi intrigant que profond : Réflets défigurées dans des miroirs fissurés.

    Écrit entièrement en anglais, le livre s’impose d’emblée comme une invitation à explorer des réalités intérieures fragmentées. Derrière ces mots, il y a une image forte : celle d’un individu qui ne se reconnaît plus, confronté à ses propres fractures. Le titre, d’ailleurs, est tiré d’un des poèmes du recueil. Il raconte l’histoire d’une personne marquée par la souffrance, au point de perdre son propre reflet.

    Mais au-delà du symbole, c’est une démarche personnelle que l’auteur assume pleinement. « Je n’écris pas pour moi. J’écris pour m’exprimer. Je joue au reporter », confie-t-il.

    Dans cette posture, Jordan Dhego se place à la frontière entre observation et introspection. Ses textes deviennent alors des fragments de vies, des récits silencieux dans lesquels chacun peut se reconnaître. Car c’est bien là l’ambition de ce recueil : offrir au lecteur un miroir, même fissuré, dans lequel il peut retrouver une part de lui-même.

    Le livre, composé d’une quarantaine de pages, rassemble des poèmes répartis en deux grandes parties. Une structure simple, mais qui laisse toute la place à l’émotion et à la liberté d’interprétation.

    Le choix de l’anglais, dans un environnement majoritairement francophone, ne relève pas du hasard. L’auteur l’explique sans détour : c’est dans cette langue qu’il a été initié à la littérature, et c’est aussi celle qu’il enseigne. Une question de confort, mais surtout de sincérité.

    Pour lui, écrire en anglais est un choix naturel, presque instinctif.

    Quant à une éventuelle traduction, elle n’est pas à l’ordre du jour. Pour l’instant, l’ouvrage est disponible uniquement en version physique, dans une démarche encore intimiste.

    Le vernissage s’est déroulé dans une ambiance sobre et apaisée. Un public réduit, majoritairement anglophone, s’est réuni autour de lectures, d’un open mic et de quelques notes de musique acoustique. Un moment simple, mais chargé de sens, à l’image du livre lui-même.

    Avec ce premier recueil, Jordan Dhego ne cherche pas à impressionner. Il écrit pour dire, pour traduire des silences, pour capter des fragments de vie. Et dans ces éclats de mots, chacun peut, à sa manière, retrouver son propre reflet.

     

    Verite Johnson

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