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    Après plusieurs jours passés en Ituri au chevet de la riposte contre Ebola, le professeur Jean-Jacques Muyembe repart avec un constat plutôt encourageant, mais aussi avec une conviction : la prochaine bataille se jouera avant même l’apparition des premiers cas.

    Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), vétéran de la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo depuis 1976, a achevé sa mission en Ituri ce 15 septembre 2026. Devant la presse, il a insisté sur une leçon que cette épidémie impose au pays : la surveillance doit être renforcée.

    Pour Muyembe, l’une des grandes faiblesses révélées par cette crise est le retard dans la détection. L’épidémie, qui aurait commencé à circuler plusieurs mois avant la réaction officielle de mai, a montré les limites d’un système de santé déjà fragilisé par les conflits et le manque de financement.

    « Le système n’a pas fonctionné », reconnaît-il, estimant que cette situation doit servir de leçon pour l’avenir.

    La priorité sera donc de mieux détecter les virus avant qu’ils ne s’installent dans les communautés. L’Ituri dispose désormais d’un laboratoire important, ce qui doit permettre, selon lui, de travailler davantage sur la détection précoce et la surveillance.

    Le professeur Muyembe rappelle que le virus continuera de circuler même après la fin de l’épidémie actuelle. D’autres flambées sont donc possibles.

    L’histoire récente de la maladie à virus Ebola illustre l’enjeu. L’épidémie à virus Bundibugyo avait provoqué 131 cas et 42 décès en Ouganda en 2007. En 2012, l’épidémie d’Isiro, en RDC, avait enregistré 38 cas et 13 décès. L’épidémie actuelle a pris une tout autre dimension.

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    Pour Muyembe, il ne suffit donc plus d’attendre qu’une maladie apparaisse pour commencer à agir. Il faut pouvoir la repérer rapidement, identifier les premiers cas et empêcher sa propagation.

    L’expérience accumulée par la RDC constitue un atout. Mais cette expérience doit désormais s’accompagner d’un système de santé capable de fonctionner même dans les provinces confrontées aux conflits.

    Pour Muyembe, la crise actuelle doit ainsi laisser derrière elle autre chose que des statistiques. Elle doit surtout laisser un système de surveillance plus solide, capable d’alerter avant que le prochain virus ne devienne une nouvelle catastrophe.

    Verite Johnson

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