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    La République démocratique du Congo fait face à une aggravation sans précédent de la maladie à virus Ebola. Plus de 2 500 personnes sont déjà mortes depuis le début de la 17ᵉ épidémie, déclarée le 15 mai 2026, tandis que la propagation du virus s’accélère à un rythme qualifié d’« exponentiel » par les Nations unies.

    L’alerte a été lancée vendredi 21 août par Julien Harneis, coordinateur principal d’Ebola pour les Nations unies. Selon lui, la maladie s’étend désormais sur un territoire plus vaste que la France et la progression de l’épidémie dépasse la capacité actuelle de la riposte.

    « L’épidémie d’Ebola progresse de manière exponentielle », a alerté Julien Harneis, soulignant que sa propagation est plus rapide que les efforts déployés pour la contenir, dans une déclaration faite à nos confrères de France 24.

    Une épidémie déjà plus meurtrière que celle de 2018-2020

    En seulement trois mois, cette nouvelle flambée a dépassé le bilan de l’épidémie qui avait frappé principalement le Nord-Kivu et l’Ituri entre 2018 et 2020, considérée jusqu’ici comme la plus meurtrière de l’histoire de la RDC.

    Les données disponibles font état de plusieurs milliers de cas confirmés et de plus de 2 500 décès. Une évolution particulièrement préoccupante, puisque, selon l’ONU, environ la moitié des décès enregistrés l’ont été au cours des vingt derniers jours.

    Cette dynamique intervient alors que la souche Bundibugyo du virus est à l’origine de l’épidémie. Il s’agit d’une souche rare pour laquelle aucun vaccin ou traitement spécifiquement approuvé n’est actuellement disponible.

    L’Ituri au cœur de la crise

    L’épidémie avait été initialement détectée en Ituri, notamment dans la zone de santé de Bunia et d’autres zones sanitaires de la province. Dès les premiers jours, l’Organisation mondiale de la santé avait relevé des regroupements inhabituels de décès et une importante circulation du virus dans plusieurs communautés.

    La situation est particulièrement préoccupante dans cette partie de l’est de la RDC, où la riposte sanitaire doit composer avec l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès à certaines communautés.

    Une riposte confrontée à plusieurs défis

    Selon les acteurs de la riposte, l’expansion rapide de l’épidémie est favorisée par plusieurs facteurs, notamment les faiblesses du système de santé, les difficultés d’accès à certaines zones, la méfiance d’une partie de la population et les mouvements de populations liés aux conflits armés.

    À lire aussi : Ebola en Ituri : la riposte face à ses défis

    L’ONU et ses partenaires appellent ainsi à renforcer rapidement les capacités de surveillance, de prise en charge, de prévention et de sensibilisation communautaire afin de ralentir la transmission du virus.

    Une maladie hautement contagieuse

    La maladie à virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec le sang ou d’autres fluides corporels d’une personne infectée ou décédée. Elle peut provoquer une forte fièvre, des symptômes digestifs et, dans les formes graves, des manifestations hémorragiques.

    En Afrique, Ebola a déjà causé plus de 15 000 décès lors des cinq dernières décennies, selon les données citées dans l’alerte des Nations unies.

    Face à l’accélération de la transmission, les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires sont désormais appelés à intensifier la riposte, particulièrement dans les zones où l’accès aux soins et à l’information reste précaire.

    Jonathan Bavonga

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