Le Docteur Jean-Jacques Muyembe n’a pas retrouvé l’Ituri qu’il pouvait imaginer depuis Kinshasa. Après plusieurs jours passés sur le terrain, le scientifique congolais dit avoir observé une amélioration qu’il juge importante dans la réponse à Ebola.
Le directeur général de l’INRB a notamment visité plusieurs structures de prise en charge, dont le site de Lita. Ce déplacement lui a permis de mesurer directement le fonctionnement de la riposte.
À Kinshasa, dit-il, les informations reçues ne correspondent pas toujours exactement à la réalité du terrain.
En Ituri, il dit avoir découvert une meilleure coordination entre les différents acteurs.
À Lita, Muyembe affirme avoir vu des partenaires travailler ensemble autour du responsable de la riposte pour construire le centre de traitement.
Pour lui, cette harmonie est un signe important : les efforts commencent à converger vers un même objectif.
Un autre élément l’a marqué.
Durant son séjour, il dit ne pas avoir été témoin des scènes qui avaient accompagné certaines phases difficiles de la riposte : centres incendiés, fortes résistances communautaires, ambulances transportant des malades ou des dépouilles, scènes de panique.
Cela ne signifie pas que tout est réglé.
Le professeur Muyembe reste prudent. Mais il estime que ces changements constituent des indicateurs permettant d’espérer une évolution favorable.
L’Ituri, selon son constat, est désormais dans une phase de régression de l’épidémie.
La situation n’est toutefois pas identique partout en République démocratique du Congo.
Le scientifique parle d’une « épidémie en deux vitesses ». En Ituri, la maîtrise lui paraît manifeste. Au Nord-Kivu, en revanche, davantage d’efforts restent nécessaires.
Pour Muyembe, les méthodes qui ont permis d’améliorer la situation en Ituri devront également être déployées ailleurs.
Cette mission lui aura donc permis de voir une autre image de la crise : celle d’une riposte qui semble progressivement reprendre le dessus.
L’épidémie n’est pas terminée. Mais sur le terrain, quelque chose a changé. Et c’est précisément sur ce changement que Muyembe veut désormais construire l’espoir.
Verite Johnson

