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    Depuis la déclaration du virus Ebola en Ituri par le ministre national de la Santé, Roger Kamba, le nombre d’experts déployés dans la province a augmenté. Mais sur le terrain, les défis restent les mêmes : des failles persistantes en communication et en sensibilisation freinent la riposte.

    Bien que plusieurs décès probables aient été enregistrés, une partie de la population ne croit toujours pas à l’existence de ce virus hémorragique, pourtant « réel et mortel », selon des sources médicales et officielles.

    Dans les rues de Bunia, capitale provinciale de l’Ituri, certains habitants affirment que la maladie n’existe pas. « C’est juste un moyen pour les autorités politiques et sanitaires de se faire de l’argent », explique un passant.

    D’autres remettent en cause le diagnostic posé par les soignants.

    « Cette maladie n’existe pas. La malaria existe toujours chez nous, mais les soignants commencent à attribuer tous les cas à Ebola », confie une femme rencontrée en ville.

    Une autre témoigne : « Ma mère suivait son soin ambulatoire normalement. Le jour où elle devait recevoir la dernière dose, on l’a déclarée cas suspect. Le lendemain, elle est morte. Moi, je ne crois pas à cette maladie. »

    À l’inverse, certains habitants reconnaissent la réalité de l’épidémie. « Ce virus existe réellement, parce que nous voyons même des médecins en mourir. Nous devons respecter les mesures barrières pour éradiquer Ebola », déclare un habitant à buniaactualite.cd.

    Une communication insuffisante sur le terrain

    Des journalistes rencontrent aussi des difficultés pour couvrir la crise. Plusieurs autorités sanitaires ne communiquent pas les informations, ce qui laisse le champ libre à la désinformation au sein de la communauté.

    Après l’incendie des sites d’isolement de Rwampara et Mongbwalu, l’accès des médias aux hôpitaux est devenu plus compliqué. Un document d’autorisation est exigé à tous les niveaux, même lorsque les journalistes présentent leur carte de presse.

    Méfiance entre malades et soignants

    La relation entre les patients et le personnel soignant reste tendue. En période épidémique, de nombreux Ituriens craignent d’aller à l’hôpital de peur d’être déclarés cas suspects d’Ebola.

    De leur côté, certains hôpitaux refusent d’accueillir les malades faute d’équipements de protection et de prise en charge adaptée aux cas suspects. Une situation qui expose aussi les agents de santé.

    Sans une stratégie de communication renforcée et une restauration de la confiance entre la population et les autorités sanitaires, le risque de propagation du virus reste élevé. La chaîne de transmission ne pourra être brisée que si les messages passent et sont compris sur le terrain.

    Rédaction

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