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    Face à la progression de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en province de l’Ituri, l’Union des Associations Culturelles pour le Développement de l’Ituri (UNADI), qui regroupe les 21 communautés de la province, a organisé ce mardi 9 juin une séance de sensibilisation à Rwampara, dans le groupement Tsere, territoire d’Irumu, près de la ville de Bunia.

    La rencontre a réuni une vingtaine de chefs de villages ainsi que plusieurs leaders communautaires autour de la prévention de la maladie, de la lutte contre les fausses informations et du soutien aux équipes engagées dans la riposte.

    Selon le président de l’UNADI, Michel Meta Wani, l’objectif était de renforcer l’implication des communautés dans la lutte contre Ebola alors que la zone de Rwampara figure parmi les foyers les plus touchés par l’épidémie.

    « Comme vous le savez, il y a la circulation de la maladie à virus Ebola dans la zone et la zone de Rwampara a été déclarée, après Mongbwalu, comme la deuxième zone où le virus circule. Comme représentants des communautés, nous ne pouvions pas croiser les bras », a déclaré Michel Meta.

    Le responsable de l’UNADI a particulièrement insisté sur les dangers des rumeurs qui continuent d’alimenter la méfiance envers les équipes sanitaires.

    « Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent et qui créent parfois des résistances au sein de la population. Les gens deviennent hostiles contre le corps soignant, contre les hôpitaux, et veulent se soigner à domicile. Nous sommes venus rappeler les dangers qui nous guettent tous », a-t-il expliqué.

    Pour lui, la mobilisation communautaire demeure essentielle pour interrompre la chaîne de transmission du virus.

    « Ebola ne choisit personne. Ebola peut toucher tout le monde et créer des problèmes au sein de notre communauté. Pour éviter la chaîne de transmission, nous devons combattre Ebola ensemble et le vaincre ensemble comme population et comme communauté », a insisté le président de l’UNADI.

    Présent à la rencontre, le chef du groupement Tséré, Batagura Mugenyi Zamundu, a salué cette initiative qu’il juge indispensable dans le contexte actuel.

    « Je m’en réjouis énormément. Ebola est toujours présent dans notre groupement et des gens continuent d’en mourir. Je félicite l’UNADI pour cette démarche et je souhaite qu’elle poursuive cette sensibilisation partout où cela est nécessaire », a-t-il déclaré.

    L’autorité coutumière a lancé un appel direct à la population afin qu’elle ne se laisse plus influencer par les fausses informations diffusées notamment sur les réseaux sociaux.

    « Je demande à toute la population du groupement de Tséré de prendre conscience qu’Ebola est bel et bien là au milieu de nous. Que les gens cessent d’écouter ceux qui prétendent qu’Ebola n’existe pas. C’est un mensonge », a-t-il affirmé.

    Il a également annoncé sa volonté de collaborer avec les autorités judiciaires contre les auteurs de fausses informations susceptibles de compromettre les efforts de riposte.

    « Nous allons commencer à interpeller et à traduire en justice ceux qui intoxiquent la population avec de faux messages. Il n’est pas acceptable de tromper les gens alors que des vies sont en danger », a averti le chef du groupement.

    Batagura Zamundu a par ailleurs demandé aux jeunes de faciliter le travail des équipes sanitaires, des équipes d’inhumation sécurisée ainsi que des sensibilisateurs déployés dans la région.

    « Je ne veux entendre parler d’aucune résistance. Les jeunes, les chefs de villages et les leaders communautaires doivent accompagner les actions de sensibilisation afin que tout le monde comprenne que Ebola existe réellement », a-t-il insisté.

    L’autorité coutumière a également mis en garde contre le recours aux traitements traditionnels pour les personnes présentant des symptômes de la maladie.

    « Si quelqu’un tombe malade, il faut l’amener directement à l’hôpital. Il ne faut pas le garder à la maison ni espérer le guérir avec des remèdes traditionnels », a-t-il déclaré.

    S’adressant aux responsables religieux et aux guérisseurs traditionnels, il a rappelé l’importance du respect strict des mesures barrières.

    « Toutes les églises doivent disposer de dispositifs de lavage des mains. Chaque fidèle doit se laver les mains avant d’entrer. Quant aux tradi-praticiens qui prétendent soigner Ebola avec des remèdes traditionnels, ils s’exposent à des poursuites », a-t-il averti.

    Cette activité intervient alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir l’épidémie qui touche plusieurs zones de santé de l’Ituri.

    Pour l’UNADI comme pour les autorités coutumières locales, la lutte contre Ebola ne pourra être gagnée sans l’implication active des communautés, la confiance envers les équipes de santé et le rejet des rumeurs qui continuent d’alimenter la résistance à la riposte.

    À Tsere, les leaders communautaires ont choisi de faire front commun contre Ebola. Entre sensibilisation, vigilance et lutte contre la désinformation, l’UNADI et les autorités coutumières espèrent renforcer l’adhésion des populations aux mesures sanitaires afin de freiner la propagation du virus dans cette partie de l’Ituri.

     

    Rédaction

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