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    Alors que la lutte contre Ebola se poursuit en Ituri, les professionnels des médias veulent être davantage associés à la riposte. À Bunia, ce vendredi 30 octobre 2026, un dialogue organisé par Africa CDC a permis de mettre sur la table les difficultés de collaboration, l’accès à l’information et les attentes des médias pour une meilleure sensibilisation de la population.

    La riposte contre Ebola ne se joue pas uniquement dans les centres de traitement, les structures sanitaires ou les communautés. Elle se joue aussi dans les médias, là où circulent les informations, les alertes, mais également les rumeurs susceptibles de fragiliser les efforts de lutte contre l’épidémie.

    C’est autour de cet enjeu qu’Africa CDC a réuni, ce vendredi 30 octobre 2026, à Bunia, plusieurs responsables des médias et journalistes de la province de l’Ituri, pour un dialogue consacré à la contribution des professionnels de l’information à la riposte contre la maladie à virus Ebola.

    Plusieurs sujets étaient au cœur des échanges, notamment le rôle des médias dans la riposte, le bilan de cinq mois d’intervention avec un accent particulier sur les actions d’Africa CDC, l’amélioration de la qualité des contenus médiatiques ainsi que la lutte contre la désinformation.

    La rencontre a débuté par une présentation de la situation épidémiologique par la Division provinciale de la santé (DPS). Une occasion de revenir sur l’évolution de l’épidémie et les enjeux sanitaires auxquels la province reste confrontée.

    De son côté, le volet CREC (Communication sur les risques et engagement communautaire) a insisté sur la place des médias dans la communication en période d’épidémie. Couverture médiatique, émissions, magazines, débats et documentaires : autant de formats susceptibles de rapprocher les informations sanitaires des communautés et de contribuer à une meilleure compréhension de la maladie.

    La gestion de l’infodémie et des rumeurs en contexte épidémiologique a également occupé une place importante dans les discussions. Dans un environnement où les fausses informations peuvent rapidement circuler, particulièrement sur les réseaux sociaux, les journalistes ont été sensibilisés à la nécessité de produire des contenus fiables, accessibles et adaptés aux réalités locales.

    Mais au-delà des présentations, les médias ont surtout voulu faire entendre leurs propres difficultés.

    Répartis en groupes de travail, les participants ont réfléchi aux actions concrètes à mener pour renforcer leur contribution à la riposte. Ces travaux en carrefour ont notamment débouché sur l’élaboration d’un plan d’action et de recommandations destinés à améliorer la collaboration entre les acteurs de la riposte et les professionnels des médias.

    Parmi les préoccupations soulevées figure le sentiment d’exclusion exprimé par certains médias, notamment des médias en ligne, qui estiment ne pas être suffisamment associés aux activités de communication autour d’Ebola.

    Des journalistes ont également évoqué les difficultés d’accès aux informations, alors même qu’ils continuent à couvrir régulièrement l’évolution de l’épidémie, à produire des contenus de sensibilisation et à relayer les messages de prévention auprès de leurs audiences.

    Pour ces professionnels, il ne suffit pas de rappeler aux médias leur responsabilité dans la lutte contre Ebola. Encore faut-il leur donner les moyens de l’assumer : accès régulier aux sources d’information, implication dans les activités de communication, échanges avec les équipes techniques et mécanismes de collaboration adaptés aux réalités de chaque média.

    Face à ces préoccupations, les partenaires humanitaires présents ont promis de s’investir davantage afin d’améliorer la situation et de renforcer les relations avec les organes de presse.

    Un dialogue qui pose ainsi une question essentielle pour la suite de la riposte : comment attendre des médias qu’ils soient des relais efficaces de sensibilisation s’ils ne sont pas suffisamment impliqués dans le dispositif de communication ?

    En Ituri, où la désinformation et les rumeurs constituent des défis importants dans la lutte contre Ebola, la collaboration entre les acteurs sanitaires, les partenaires humanitaires et les médias apparaît comme un enjeu à ne pas négliger.

    Reste désormais à transformer les recommandations formulées à Bunia en engagements concrets.

     

     

    Rédaction

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