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    Le Parquet général de l’Ituri hausse le ton face à la propagation des fausses informations autour de l’épidémie d’Ébola. Alors que les équipes sanitaires poursuivent les efforts pour contenir la maladie, la justice annonce une politique de « tolérance zéro » à l’égard de toute personne impliquée dans la diffusion de rumeurs, l’entrave aux opérations de riposte ou l’incitation à la désobéissance.

    Sur le terrain, les autorités sanitaires poursuivent la mise en œuvre des mesures d’urgence, notamment l’isolement des malades, le suivi des contacts et l’organisation d’enterrements sécurisés. Cependant, la circulation de fausses informations continue de compliquer le travail des équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie.

    Devant la presse, la procureur général Eudoxie Maswama Fuilu a été ferme : « Tolérance zéro contre quiconque propage de fausses informations, entrave les opérations ou incite à désobéir. La santé publique n’est pas négociable. »

    Parmi les rumeurs relayées dans certaines communautés, Ébola serait une invention d’ONG destinée à détourner des fonds, une maladie mystique liée à un cercueil malveillant à Mungwalu ou encore un prétexte permettant à des médecins de modifier des certificats de décès. D’autres messages appellent la population à refuser les équipes de riposte, accusées d’introduire le virus dans les parcelles ou de contaminer volontairement les kits de savon.

    Selon les autorités, ces fausses informations ont déjà eu des conséquences graves. Des agents de santé ont été molestés, battus et, dans certains cas, évacués vers Kinshasa. Des centres de traitement ont également été vandalisés.

    Le parquet affirme avoir identifié plusieurs auteurs présumés de ces messages, notamment parmi les leaders d’opinion, les pasteurs, les influenceurs et même un élu provincial.

    « Son message a été intercepté et traduit. Il sera appréhendé partout où il se trouve », annonce la procureur.

    Les personnes reconnues coupables s’exposent à des peines allant d’un à six mois de prison ferme. La procureure précise qu’elle exclut le recours à l’amende transactionnelle, estimant que la désinformation liée à l’épidémie peut coûter des vies. En cas d’entrave grave aux opérations de riposte, les sanctions peuvent atteindre deux ans d’emprisonnement.

    Les administrateurs de groupes WhatsApp sont également appelés à collaborer avec la justice. À défaut, leurs plateformes pourraient faire l’objet de mesures de fermeture.

    « Aucun privilège ne soustraira quiconque à la rigueur de la loi », conclut-elle.

    En Ituri, les autorités judiciaires entendent désormais faire de la lutte contre la désinformation un volet à part entière de la riposte contre Ébola.

    Grâce Kasemire

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