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    Face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en Ituri, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) appelle à une réponse davantage ancrée dans les communautés. Dans un communiqué de presse publié ce lundi 15 juin 2026, l’organisation formule trois actions prioritaires destinées à renforcer la confiance de la population envers les structures sanitaires et à améliorer l’accès aux soins.

    Pour le CdC/RN, la lutte contre Ebola ne pourra être efficace sans une adhésion réelle des communautés locales. L’organisation estime que la méfiance observée dans plusieurs zones affectées reste un obstacle majeur à l’identification précoce des cas et au recours aux centres de traitement.

    Parmi les mesures proposées figure d’abord la présentation hebdomadaire des personnes guéries. Le CdC/RN recommande que chaque centre d’isolement organise des cérémonies de sortie au cours desquelles les survivants partageraient leur expérience. Ces témoignages, relayés par les radios locales, permettraient, selon le communiqué, de démontrer que les centres de traitement sont avant tout des lieux de guérison.

    La deuxième mesure concerne le dépistage volontaire de proximité, à travers l’installation de postes de dépistage gratuits non seulement dans les hôpitaux, mais également dans les marchés, les lieux de culte, les arrêts de transport, les sites miniers et les débarcadères. Cette approche vise à rapprocher les services sanitaires des populations et à détecter plus rapidement les personnes infectées.

    Enfin, le CdC/RN propose une réorganisation des centres de traitement en trois départements distincts : un espace destiné aux contacts à haut risque en période d’incubation, un autre réservé aux cas débutants et un troisième consacré aux cas sévères nécessitant des soins intensifs. Selon l’organisation, cette sectorisation pourrait rassurer les populations en limitant la promiscuité entre patients à différents stades de la maladie.

    Au-delà de ces mesures d’urgence, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles plaide pour une riposte fondée sur la participation communautaire. Il souligne que la confirmation officielle de l’épidémie n’est intervenue qu’en mai 2026 alors que des cas suspects étaient signalés depuis la fin du mois de février dans plusieurs zones minières et enclavées de la province.

    Pour le CdC/RN, cette situation met en évidence la nécessité de renforcer le dialogue avec les populations locales, notamment à travers des communications en langues locales et l’implication des chefs coutumiers, autorités religieuses, associations de jeunes et de femmes ainsi que des responsables des entités territoriales décentralisées.

    L’organisation recommande également l’adoption de l’approche d’éducation populaire afin de permettre aux communautés de participer activement à la conception et à la mise en œuvre des stratégies de prévention. En plus, une attention particulière devrait être accordée aux populations minières, aux pêcheurs du lac Albert et aux enfants, considérés comme particulièrement vulnérables dans le contexte actuel, conseille le CdC/Rn.

    Le CdC/RN reste convaincu que seule une réponse « profondément humaine, transparente et enracinée dans les communautés » permettra de contenir durablement l’épidémie en Ituri.

    William Afoyogira Uyergiu

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