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    Depuis la quinzaine de mai 2026, la province de l’Ituri affronte la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC. Le virus en cause est la souche Bundibugyo, rare et sans vaccin disponible à ce jour. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nizi, Bambu, Aru et Nyankunde sont les plus touchées, et chaque jour qui passe augmente le risque de voir le virus gagner d’autres localités.

    Deux jeunes docteurs tombés au front

    Les noms de Vladimir et Blaise circulent déjà avec tristesse. Ces deux jeunes médecins congolais sont morts en quelques jours après avoir pris en charge des patients. Leur sacrifice montre à quel point le personnel soignant est exposé, même avec l’expérience. Quand un soignant tombe, toute la chaîne de soin s’affaiblit.

    Les 2 premiers corps soignants décédés d’Ebola à Bunia sont intervenus entre le 24 et le 27 mai. Les experts soupçonnent que le virus Ce retard d’alerte a permis à Ebola de s’installer dans plusieurs zones, dont Bambu et Nyankunde, où un médecin américain a aussi été contaminé.

    Les chiffres qui inquiètent

    Au 21 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recensait 64 cas confirmés, dont 60 en Ituri, 6 décès confirmés et plus de 160 décès suspects. Le taux de létalité de la souche Bundibugyo varie entre 25 et 50 %. Cela veut dire qu’un malade sur deux peut y laisser la vie si la prise en charge arrive trop tard.

    Pourquoi même sans blouse blanche, tu es concerné ?

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    Ebola ne se transmet pas par l’air. Il faut un contact direct avec le sang, les vomissures, la diarrhée, la salive, la sueur ou le corps d’un défunt. Concrètement, un enterrement traditionnel ou le fait de toucher un malade sans protection suffit à déclencher une chaîne de contamination dans toute une famille.

    À Bunia, Rwampara, Nyakunde, Mungbwalu, Nizi et Bambu, l’eau et le savon restent la première barrière : « Lave-toi les mains plusieurs fois par jour pendant 30 secondes. Aux marchés, aux églises et aux entrées des maisons, l’eau chlorée est devenue un réflexe. Ne te touche pas le visage avec des mains sales. »

    Le gouvernement provincial a interdit les enterrements traditionnels. Seules des équipes formées peuvent manipuler les corps, car ils restent hautement contagieux après la mort. Les veillées funéraires sont interdites et les rassemblements limités à 50 personnes. Ces mesures semblent dures, mais elles brisent la transmission.

    Aller à l’hôpital tôt change tout.

    Fièvre, vomissements, diarrhée, saignements, fatigue intense : ce sont des signaux d’alerte. Ne reste pas à la maison en te disant que c’est le paludisme. L’hôpital général de Bunia a ouvert une unité d’isolement. Plus tu arrives tôt, plus tu as de chances de survivre et moins tu exposes ta famille. Les centres de traitement de Bunia, Rwampara et Mongbwalu sont en construction, et l’ONU a débloqué plusieurs millions USD pour la riposte. Mais sans le changement de comportement de chacun, l’épidémie ne reculera pas.

    Nickson Manzekele

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