Face à la résurgence d’Ebola en Ituri, des habitants interpellent la Croix-Rouge locale. Ils dénoncent l’absence d’assistance pour certains défunts et réclament une participation aux opérations de manipulation des dépouilles. Le président provincial de la Croix-Rouge en Ituri, le docteur Lémi Serge, répond sans détour ce lundi 25 mai 2026.
« Les familles ont tout à fait raison de soulever cet aspect et de demander à participer à la sécurisation des corps par nos volontaires », a-t-il déclaré lors d’un point de presse. Selon lui, le protocole en vigueur n’est pas nouveau : « C’est un vieux protocole. Sous l’effet de l’angoisse et de la tristesse, les membres de famille oublient parfois de demander à participer. »
Le docteur Lémi Tab Serge affirme que les volontaires emportent toujours du matériel en excédent, précisément pour inclure les proches. « Il y a toujours des équipements réservés à un ou deux membres de la famille qui souhaitent assister à la sécurisation », insiste-t-il. Il regrette toutefois des oublis des deux côtés : le volontaire qui néglige d’inviter la famille, ou la famille qui, sous le choc, ne sollicite pas l’équipe.
Pour dissiper les rumeurs et la désinformation, le président provincial exhorte les familles à approcher le chef d’équipe des volontaires (facilement identifiable, sans tenue spéciale) pour demander une autorisation de porter les équipements de protection individuelle (EPI) et accompagner l’intervention.
Comment une équipe est-elle dépêchée sur le terrain ? « Une alerte nous parvient via un circuit établi », explique le docteur Lémi Serge. Une sous-commission d’investigation vérifie d’abord le cas, puis une cellule de communication contacte les autorités, la famille et les structures concernées. « Ce n’est pas le membre de la famille qui nous alerte directement. Quand tout est prêt, nous sommes activés. »
Chaque volontaire reçoit un ordre de mission et possède une carte de membre. « Ils savent les conditions de leur activation », souligne-t-il. Le seul hic : l’ordre de mission doit être signé par l’autorité politico-administrative locale. Or, dans les cas hospitaliers ou lors des deuils, le chef coutumier ou local est parfois absent. « Il faut que les chefs soient dans la tour pour que nous puissions faire signer nos ordres de mission. Nous sommes tout à fait d’accord sur ce point », admet le responsable.
Le docteur Lémi Serge conclut par une demande claire : « Que les familles n’hésitent pas à approcher le chef d’équipe. Cela dissipe toute rumeur. Elles verront qu’il n’y a rien d’anormal : on décontamine, on place le corps dans un sac mortuaire, puis dans un cercueil, on décontamine le cercueil, et on procède à l’enterrement. »
La Croix-Rouge provinciale rappelle que la sécurisation des corps est un geste humanitaire essentiel pour briser la chaîne de transmission, et que la participation encadrée des proches est non seulement permise, mais encouragée.
Grâce Kasemire

