La dernière semaine de novembre a été marquée par une relative accalmie dans le territoire de Djugu, confirmant une tendance de trois semaines consécutives de baisse des violences armées. Une respiration rare dans cette zone longtemps éprouvée, mais qui a suffi pour enclencher un mouvement de retour significatif.
Selon les autorités sanitaires et plusieurs acteurs de la société civile, près de 25 800 personnes ont regagné leurs villages dans les aires de santé de Kambe et Ndjanga, au sein de la zone de santé de Nizi. Un retour progressif amorcé dès septembre, mais qui s’est accéléré en novembre grâce à la combinaison de trois facteurs : l’amélioration relative de la sécurité, la saison agricole et la reprise des cours.
Ces familles, qui avaient fui les violences entre juin et août 2025, retrouvent toutefois des villages profondément marqués par les affrontements. Les récits convergent : maisons pillées ou incendiées, infrastructures délabrées, services essentiels presque inexistants. Les écoles et les structures sanitaires, déjà fragiles avant la crise, sont aujourd’hui dépourvues d’équipements, limitant fortement leur fonctionnement.
À ces défis matériels s’ajoute une autre réalité plus préoccupante : l’accès difficile aux champs. Dans plusieurs localités, des groupes armés ont érigé des barrières empêchant les agriculteurs de rejoindre leurs terres. Des craintes liées à la présence d’engins explosifs continuent également de dissuader de nombreuses familles de se risquer dans les zones périphériques.
Ces informations sont tirées du dernier rapport de l’OCHA, publié le 12 décembre 2025, qui souligne à la fois l’importance de cette reprise d’activité et la fragilité de la situation. L’organisation appelle à renforcer l’appui humanitaire afin d’éviter que cette dynamique de retour, porteuse d’espoir, ne soit compromise.
Dans un territoire encore secoué par les tensions, la baisse des violences reste un signe encourageant. Mais à Djugu, la paix demeure un chemin à reconstruire, pas une réalité acquise.
Rédaction

