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    Le Procureur Hopeson Bafoa
    ©Photo d’archive
    Le commissariat provincial de la police nationale congolaise en Ituri avait présenté au public le 16 février plus de 40 prévenus impliqués dans les violences communautaires en territoire de Djugu devant l’ancien vice-premier ministre et ministre de l’intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, lors de son dernier séjour dans la région.
    Mais plus de deux semaines après, ces détenus n’ont jamais été présentés devant leur juge naturel, chose qui étonne le procureur de la république près le tribunal de grande instance de l’Ituri

    « Le parquet continu à attendre qu’on lui transfère ces détenus. S’ils y a des civils parmi eux, ou qui ont opéré avec des armes blanches, ils doivent nous être envoyés. Et s’il y en a qui détenaient des armes à feu, ils doivent être présentés à l’auditorat militaire » a indiqué Hopeson Bafoa dans un entretien avec buniaactualite.com

    Le chef du parquet de Bunia qualifie cette détention « d’irrégulière » car selon lui, la police ne dispose que de 48heures pour déférer un prévenu devant le ministère public.
    « La loi n’accorde que 48 heures à la police pour instruire un dossier et le transmettre au parquet. Si la police a besoin d’un délai supplémentaire, l’officier de police judiciaire doit requérir une autorisation du procureur, chose qui n’a jamais été faite. Cette détention est devenue arbitraire» a dit M. Bafoa qui n’exclut pas la possibilité que des audiences foraines soient organisées à Djugu:
    « Si les prévenus nous sont envoyés et si la province met des moyens à notre disposition, nous allons organiser des audiences foraines sur place à Djugu pour sanctionner les coupables » a-t-il conclu. La tenue de ces audiences foraines a plusieurs fois été réclamée par notamment la communauté Hema et d’autres notabilités, y compris le caucus des parlementaires de l’Ituri qui, dans sa dernière déclaration, ont même exigé le départ de ce procureur qu’ils accusent d’incapacité de traquer les fauteurs de trouble dans cette contrée.

    Cote PNC, son porte-parole, le major Abeli Mwangu Gérard, confirme la détention de ces personnes et indique qu’une commission a été mise en place pour examiner leur situation au cas par cas. Dans son intervention devant la presse locale, il explique que leur transfèrement devant un juge naturel ne peut se faire qu’après le travail de cette commission.

    La Rédaction

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