La situation scolaire demeure préoccupante dans plusieurs localités du territoire de Djugu, en province de l’Ituri. À Bule, dans la sous-division Djugu 1, les activités scolaires restent suspendues depuis le 5 décembre 2025. Ce lundi et mardi 20 janvier 2026, les élèves ne sont toujours pas retournés sur les bancs de l’école, en raison de la persistance de l’insécurité dans la zone.
Selon des sources locales, cette suspension des cours affecte environ 7 000 élèves, répartis dans plus de 50 écoles. Une situation alarmante qui, d’après les acteurs du secteur éducatif, ne pourra connaître d’issue favorable sans une amélioration durable du climat sécuritaire.
Un responsable de l’éducation dans la sous-division de Djugu 1 confirme que la reprise des cours ne semble pas envisageable dans l’immédiat.
« Les activités scolaires ne reprendront probablement pas, même d’ici trois semaines. Depuis le 05 décembre 2025, il n’y a pas eu cours », déplore un syndicaliste de l’enseignement dans la région.
Au total, plus de 54 écoles, accueillant près de 7 000 élèves, se retrouvent dans une situation de détresse. Les enseignants et les responsables scolaires craignent qu’une prolongation de cette interruption n’aboutisse à une année scolaire blanche, si aucune solution rapide n’est trouvée.
La situation ne concerne pas uniquement Bule. À Dhego, toujours dans le territoire de Djugu, les activités scolaires sont suspendues depuis le 3 novembre 2025, selon des sources locales. Même constat à Mabanga, où les élèves n’ont plus repris le chemin de l’école depuis le 5 janvier 2026.
« Il n’y a pas moyen de reprendre les activités scolaires, car les villages sont vidés d’enfants. Nous supplions le gouvernement de garantir la paix afin de ne pas sacrifier l’éducation des enfants », a écrit à buniaactualite.cd un responsable de l’éducation de la zone.
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Cette paralysie du système éducatif inquiète fortement la société civile, notamment sa coordination provinciale de l’Ituri. Son coordonnateur, Dieudonné Lossa, alerte sur les conséquences à long terme de cette interruption prolongée des cours.
La dégradation de la situation sécuritaire entrave par ailleurs le fonctionnement normal de plusieurs institutions dans cette partie du territoire de Djugu. D’après la Direction provinciale de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDUC-NC) Ituri 01, les sous-divisions de Djugu 01 et de Nizi sont actuellement les plus exposées à ce défi sécuritaire majeur.
Reconnaissant la gravité de la situation, Ivon Muke Abwasele, directeur provincial chargé de l’EDUC-NC, indique que les affrontements répétés ont malheureusement prolongé les vacances scolaires.
« Les enfants ne vont plus à l’école », avait également reconnu le lieutenant-général Luboya N’kasama, gouverneur de la province de l’Ituri, le 13 janvier dernier, évoquant la menace des éléments de la CRP dans la zone de Djugu.
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Bien que les Forces armées aient récemment annoncé avoir repris le contrôle de la situation sécuritaire, notamment à Bule, à la suite d’affrontements avec des miliciens de la CRP, plusieurs activités, dont celles du secteur éducatif, demeurent toujours à l’arrêt.
Pendant ce temps, des milliers d’enfants continuent d’attendre le retour de la paix, seule condition, selon les acteurs locaux, pour leur permettre de retrouver le chemin de l’école et préserver leur avenir.
Verite Johnson

