Une mission mixte, composée d’experts de la justice militaire, du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) et de plusieurs organisations humanitaires, a débuté des enquêtes dans la région de Fataki, dans le territoire de Djugu, en Ituri.
L’objectif de cette mission est de faire la lumière sur les massacres de civils perpétrés en février dernier dans les entités d’Arr et de Djaiba.
Arrivée sur les lieux le lundi 15 septembre 2025, cette délégation, la première du genre à enquêter sur ces crimes, est dirigée par l’Avocat général près la cour militaire de l’Ituri. Elle est composée de membres de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO), de médecins légistes de la Police nationale congolaise (PNC), de secouristes de la Croix-Rouge, et d’agents de l’ONG Avocats sans frontières (ASF).
L’Auditeur supérieur près la cour militaire de l’Ituri, le colonel Joseph Makelele, a précisé à Radio Okapi que l’objectif est de « réunir des éléments sur des crimes graves commis à Jaiba et Arr afin de poursuivre les auteurs. » La mission prévoit de déterrer les corps des victimes en présence des autorités coutumières et de témoins pour déterminer les circonstances exactes de ces drames.
Le Comité Associatif résolu pour la protection et la défense des droits humains (Coardho) a salué cette initiative, la qualifiant d' »avancée significative » et d’un signe de neutralité de la justice. L’organisation a exhorté la population locale à « dire la vérité et à coopérer » avec les enquêteurs pour que justice soit rendue de manière équitable. Le Coardho a aussi lancé un appel aux « souteneurs des violences à Djugu de se repentir et de se soumettre à la loi de la République. »
Malgré cette avancée, les enquêteurs font face à des défis. Le colonel Makelele a déploré la persistance des menaces de la part des miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), une situation qui pourrait entraver leur travail.
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Des activistes et des notables locaux ont encouragé la justice militaire à étendre ses enquêtes à d’autres zones du territoire de Djugu, espérant que les responsables de ces crimes seront traduits en justice. Cette mission marque un espoir pour les victimes qui attendent depuis plusieurs mois que la lumière soit faite sur les atrocités qu’elles ont subies.
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