À Bunia, la peur d’Ebola continue de gagner les esprits. Alors que l’épidémie poursuit sa progression dans plusieurs zones de l’Ituri, des voix s’élèvent pour appeler à un renforcement des mesures de lutte. Parmi elles, celle de Marcellin Kondonga, maître et pasteur responsable de l’Église Évangile de Gloire, Assemblée des Chrétiens de Bunia.
Visiblement préoccupé par la situation, le responsable religieux affirme que la maladie continue de causer d’importants dégâts au sein de la population.
« Ebola est en train de causer des dégâts énormes et on en a marre », déclare-t-il.
S’il reconnaît les efforts consentis par les autorités, il estime néanmoins que la riposte doit être davantage renforcée.
« Le système de riposte est de l’apanage de l’État. L’État fournit des efforts, oui, mais je pense que c’est lent. Il faut passer à la vitesse supérieure », insiste-t-il.
Selon lui, l’un des défis actuels concerne l’accès au dépistage. Il affirme que certaines personnes qui souhaitent se faire examiner rencontreraient des difficultés lorsqu’elles ne présentent pas encore de signes apparents de la maladie, les structures de prise en charge étant de plus en plus sollicitées.
Face à cette situation, Marcellin Kondonga propose la création de plusieurs centres de dépistage volontaire à travers les quartiers de Bunia et d’autres localités exposées.
Le pasteur suggère également que les chercheurs poursuivent leurs efforts afin de mettre à disposition des réactifs permettant d’obtenir les résultats des tests dans des délais plus courts.
Pour lui, l’intérêt d’un dépistage volontaire de proximité est de permettre aux habitants de connaître rapidement leur situation sanitaire et, en cas de contamination, d’être orientés sans délai vers une prise en charge adaptée.
Il justifie cette proposition par le fait que les symptômes d’Ebola peuvent mettre plusieurs jours avant de se manifester. Pendant cette période, certaines personnes pourraient ignorer qu’elles sont porteuses du virus.
Certains sont contaminés sans le savoir. Le dépistage permettrait à chacun de connaître volontairement son état et de se prévenir, estime-t-il.
Selon lui, une détection précoce pourrait également augmenter les chances de guérison grâce à une prise en charge rapide car selon les autorités sanitaires « plus la personne vient à temps à l’hôpital, plus elle a la chance d’être guérie ».
Au-delà des mesures institutionnelles, Marcellin Kondonga appelle également la population à adopter rigoureusement les gestes de prévention. Et aux autorités compétentes d’accompagner par des mesures sanitaires nécessaires.
« Nous devons dire stop à Ebola. Il ne suffit pas de le dire, il faut l’accompagner par des actes, par des mesures sanitaires nécessaires », martèle-t-il.
Son appel est aussi nourri par une expérience personnelle douloureuse. « Ebola m’a déjà enlevé des personnes importantes et nous ne voulons pas continuer d’en perdre encore », confie-t-il.
Tout en reconnaissant ne pas être un professionnel de santé, le responsable religieux estime que sa proposition mérite d’être examinée par les spécialistes et les autorités compétentes.
Dans un contexte où l’inquiétude demeure forte dans plusieurs localités, notamment à Bunia, Mongbwalu, Nyakunde et ailleurs, le pasteur appelle chacun à prendre la menace au sérieux.
« Ebola existe, des gens meurent. Respectons les mesures barrières », conseille-t-il.
Verite Johnson

